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vendredi 17 décembre 2010

Floating Wood


Le postcore, je connais depuis pas mal de temps. J'ai déjà parlé ici d'Ira et de Neurosis dans le genre, je parlerai sans aucun doute d'Amenra et de Transmission0 dans les semaines à venir, et il restera encore des dizaines de groupes très talentueux. C'est un style pour lequel j'ai une immense affection, dans tous les sens du terme : cette façon de décrire la mélancolie avec des pointes de l'énergie crue et implacable du metal hardcore est une niche d'inspiration pour beaucoup de bons groupes. Je ne citerai pas de noms, mais même certains groupes de postcore dont la musique sur album ne présente pas grand intérêt livrent sur scène un condensé d'énergie glacée à couper le souffle.

mercredi 15 décembre 2010

Textures


Parfois, j'aimerais juste pouvoir m'asseoir avec certaines personnes, et leur expliquer ce que je trouve à ma musique. J'aimerais leur disséquer la finesse et l'émotion de la musique d'un Meshuggah, d'un Textures, d'un SUP, et de tellement d'autres. J'aimerais qu'ils réussissent à voir où se situe le point de jonction entre la personne douce que je suis et les musiques "violentes" que j'écoute. J'aimerais qu'ils ferment les yeux et au moins qu'ils essayent de se laisser emporter à leur tour par la folie d'un Venetian Snares ou la superbe noirceur d'un Shape of Despair, par la catharsis mélancolique d'un Neurosis ou d'un Ira, par la positivité inébranlable d'un Excision ou d'un Gojira.

lundi 13 décembre 2010

The DJ Producer


"Papa ?
- Oui, ma petite fille ? ...et arrête de m'appeler Papa, j'ai un prénom, tu sais, mon ange.
- Papa, c'est quoi une teuf ?
- Une teuf ? (J'hésite pendant quelques secondes, me demandant comment je vais bien pouvoir m'en sortir.) Pourquoi tu me demandes ça, ma puce ?
- Passque Maman elle dit que tu sais mieux qu'elle ce que c'est, une teuf, et j'ai entendu un monsieur dans un film qui disait qu'il était allé dans une teuf et qu'il avait dansé et qu'il avait pris de la cocaïne et qu'il était comme un fou. C'est quoi, la cocaïne, Papa ?

dimanche 12 décembre 2010

Exivious


Le rock progressif n'est pas mort. Etonnant. Je pensais qu'il n'avait pas résisté à l'assaut des eighties, des batteries électroniques et du show-business.

vendredi 10 décembre 2010

Gojira


"Putain, qu'est-ce que ça déboîte !" Oui, bien sûr, je suis conscient que cette simple phrase ne constitue pas une chronique à part entière, et je m'attends à ce que vous me demandiez de développer quelque peu. Sachez que je vous trouve un peu durs, sur ce coup-là, mais je vais m'y attaquer.

Gojira est un groupe français, eh oui, encore un, né dans les Landes en 1996. Leurs débuts, sous le nom de Godzilla, est un son death-metal aux influences Metallica qui, le plus honnêtement du monde, ne casse pas trois pattes à un canard, mais semble prometteur. Le label Gabriel Editions ne s'y trompe pas, et le premier véritable album de... oh, attendez. Gabriel Editions est un label made in Goj', sur lequel sont sortis tous leurs albums, ainsi que l'unique album d'Empalot, projet parallèle plus bon-enfant du chanteur Joe Duplantier et de son frère Mario. Beh oui, c'est aussi la force de Gojira : c'est un projet "familial". Le groupe part des frères Duplantier, les deux dernières pochettes d'album sont de Mario, les clips sont réalisés par un Duplantier (Alain de son prénom, réalisateur et photographe, dont vous avez sans doute vu quelques publicités pour Citroën ou Carte Noire pour lesquelles il a été chef opérateur), l'actrice récurrente des clips est une Duplantier (Gabrielle, photographe, modèle photo et écrivaine "à ses heures perdues")...

Le premier album de Gojira, donc, "Terra Incognita", sorti en 2001, est un album qui entame à lui tout seul une mini-révolution, confirmée deux ans plus tard par son successeur direct "The Link" , car, en triturant les codes du genre, le groupe parvient à lui instiller une énergie d'une positivité, voire d'une spiritualité, inédite dans le genre (la rythmique hypnotique de "Blow Me Away You (Niverse)", l'ambiance posée par les backing vocals de "Embrace the World", etc.), tout en atténuant la noirceur du death-metal au profit de son côté pachydermique, dense et profondément irrésistible, presque tribal ("Love", "Indians", et presque toutes les autres).

Le clip de "Love", tirée de l'album "The Link".

Les paroles elles-mêmes sont bien plus proches d'écrits mystiques que des histoires de tripaille chères à la plupart des groupes de death-metal -- Cannibal Corpse et Yattering en tête. Introspection, rapport à l'individu et au soi, respect de la mère Nature, circulation des énergies vitales, compréhension et acceptation de la mort... Loin de hurler bêtement des paroles écrites à la va-vite ou de s'enrager basiquement derrière un micro, Joe Duplantier nous parle de l'esprit et de ses circonvolutions, de l'Âme et de la liberté totale, de notre place sur Terre et dans l'Univers -- et cet aspect fondamental de Gojira, cette spiritualité sous-jacente, est en filigrane dans l'ensemble de leur musique. Elle explose même dans certains passages qui nous subtilisent par surprise et nous portent au-dessus de nos errances humaines (la fin de "Inward Movement", par exemple).

Le troisième album, et avant-dernier en date, "From Mars to Sirius", pousse encore plus loin cette mystique musicale. Là où les deux premiers se posaient encore des questions et souffraient encore d'en chercher les réponses ("Against our will, wisdom comes"), celui-ci s'ouvre sur une nouvelle dimension de l'Humain, où les questions n'ont plus lieu d'être, où l'Homme revient à sa force fondamentale ("Backbone", "The Heaviest Matter of the Universe"). La puissance évocatrice de la musique seule est un souffle d'air frais, chassant les idées noires et les sous-produits de notre marasme intellectuel ; un vent de libération balaie ce pessimisme au ras des pâquerettes, au sujet duquel notre esprit nous souffle fallacieusement qu'il est un réalisme appuyé, pour nous montrer une autre voie, un autre regard sur le monde et sur nous-mêmes.

Le clip de "To Sirius", tirée bien sûr de l'album "From Mars to Sirius"

Après une telle déferlante de lumière, il était dur de s'attendre à une véritable et intégrale réussite pour leur album suivant. "The Way of All Flesh", longuement attendu (en Europe, mais aussi aux Etats-Unis où les albums de Gojira étaient enfin distribués), est venu pour prouver, s'il en était encore besoin, l'incroyable inspiration et l'inhabituelle capacité de renouveau du groupe. La musique est plus sombre, plus ambiguë ; l'âme est tiraillée entre la lumière cristalline que la Foi lui apporte, qui était le centre même de "From Mars to Sirius", et les ténèbres opaques de l'impermanence et de la Mort. Les compositions sont au coeur du conflit, ballottées au gré de la tempête ("All the Tears" et son superbe vidéo-clip), quelque part entre l'angoisse fondamentale d'être mortel ("Vacuity") et la croyance inébranlable en une éternité et une force implacable de l'âme ("Esoteric Surgery").

Le clip de "Vacuity", sur "The Way of All Flesh". Le ton change, en effet...

Les amoureux inconsolables de l'énergie très tribale des débuts sont encore plus attristés par cet album que par le précédent ; les autres suivent de bon coeur cette nouvelle étape du voyage, chargée de sombre évolution, vibrante, durement ésotérique, rencontre du yin et du yang, de la désespérance et de la foi, écho condensé et intensifié de nos frustrations et de nos rêves.



MySpace officiel : http://fr.myspace.com/gojira


Site des labels Mon Slip et Mon Pauvre Ami : http://alaniche.fr/

mercredi 8 décembre 2010

Unexpect


Vous allez en avoir marre, un jour ou l'autre, que j'utilise sans arrêt des termes comme "fusion" ou "avantgarde". Je le sais. Je le sens arriver. Oh oui, oh ouiii, je le sens bien. Seulement, je n'arrêterai pas d'aimer les musiques déjantées juste pour vous faire plaisir ; au contraire, si je peux apporter certaines joies auriculaires à quelques-uns d'entre vous en partageant avec eux mes attirances pour le non-sens musical, je n'en serai que plus heureux.

Alors parlons d'avantgarde, et parlons-en bien, avec un groupe canadien nommé Unexpect.

mardi 7 décembre 2010

Ira


Courant d'année 2005. Je découvre par hasard un groupe de postrock/postcore, au nom tellement court qu'il en est d'autant plus introuvable sur la Toile. J'en ai juste une chanson, que j'ai récupérée par hasard sur le site d'un obscur label allemand, majoritairement punk, nommé Go-Kart Records. La chanson s'appelle "Disappear", elle dure quinze minutes, et elle est une petite merveille ; rien de plus, rien de moins.

lundi 6 décembre 2010

[Un peu de promotion]

Une page Facebook officielle de Modern Zeuhl est ouverte, n'hésitez pas à vous y inscrire.


En outre, pour toute remarque, question, suggestion musicale, envoyez ce qui vous passe par la tête à l'adresse mail suivante : modernzeuhl@gmail.com

N'hésitez surtout pas à vous manifester, à apporter vos témoignages, vos propositions, au pire vos critiques acerbes ou vos insultes gratuites, tout cela me fera énormément plaisir.

S.U.P


Il paraîtrait qu'on reconnaît certaines manifestations du génie artistique dans le fait que les oeuvres créées par ce genre de génie étincelant ne peuvent qu'être adorées ou détestées. Je ne crois généralement pas à ces phrases toutes faites, d'autant que des oeuvres d'une pauvreté littéraire/picturale incomparable, telles que les romans lacrymo-anxiogènes pour vieilles mortes d'ennui d'une Mary Higgins Clark ou les barbouillis précambriens d'un Adolf Hitler, entrent dans la catégorie désignée par ce poncif. (Loin de moi, ceci étant dit, l'idée de pousser plus loin la comparaison entre la plus prolifique pondeuse de thrillers barbituriques du monde et le peintre raté ayant prouvé plus tard son talent compensatoire de serial-killer psycho-aryaniste.)

dimanche 5 décembre 2010

Interview The Algorithm


Mon premier article était consacré à The Algorithm, un mélange détonnant de styles de tous les bords et de tous les horizons (metal, techno, dubstep, hip-hop, pop...) produit, avec un talent plus que certain, par un jeune Sudiste nommé Rémi Gallégo. Voulant en savoir plus, et largement incité par mon colocataire que je remercie, je lui ai proposé une petite interview... et le pire, c'est qu'il a accepté.



samedi 4 décembre 2010

Sulphuric Saliva


Dur sentiment de solitude qui m'a rongé, des années entières, alors que j'écoutais de l'industriel en secret dans ma chambre, et ne pouvais même pas partager ma passion pour le bruit blanc avec quiconque... Difficile d'expliquer à quelqu'un dont l'oreille n'est pas entraînée à la survie en milieu hostile l'esthétisme d'un autre monde et la mélodie discrète et puissante que certaines explosions de stridence contrôlée peuvent receler. Pourtant, à des kilomètres de la tendance noise qu'une minuscule minorité de fêlés congénitaux parviennent à trouver "artistiquement intéressante", il est des artistes qui parviennent à donner à la manipulation du bruit des lettres de noblesse qu'elle attendait avec impatience.