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jeudi 30 juin 2011

Remain Silent


Ca va commencer à me lasser, tous ces albums que je suis obligé de qualifier de superbes, de grandioses, de magiques. Mon dictionnaire des synonymes s'use à vue d'œil, et tout ça à cause d'un simple choix éditorial : parler en priorité de ce que j'adore. Yann Souetre, alias Remain Silent, est de ceux-là : découvert il y a six ou sept ans, au détour d'un stand d'albums, ivre de vodka orange (entre autres), quelque part entre le set d'Iszoloscope et celui d'Imminent. Il est des souvenirs qui marquent, forcément. Bref : bienvenue dans un monde détruit par l'Homme et reconstruit par le robot, puisque c'est l'univers, à mi-chemin entre anticipation étouffante et science-fiction métaphysique, que le talentueux Remain Silent nous raconte dans sa prenante trilogie mélodico-industrielle "Men Machines Souls".

Tous les visuels sans exception sont de Yann Souetre, aka Remain Silent.

Live review : Sepultura + Zoe (26/06/11, Le 106, Rouen)


Vingt-sept ans de carrière déjà pour Sepultura, un des groupes emblématiques du metal, qui a eu l'audace de mélanger death-metal, thrash et musiques tribales. Arise (1991), dernier album avant le virage tribal du groupe, puis Roots (1996), sont deux albums au statut d'objets cultes, inventifs et techniquement irréprochables. Le départ de Max Cavalera, frontman et figure de proue du groupe (avec son frère Igor, batteur jusqu'en 2006), a laissé les fans de la première heure désemparés et amers ; Soulfly, formé par Max Cavalera dès son départ de Sepultura, n'a jamais véritablement atteint la qualité d'un "Roots", et le nouveau Sepultura a été dénigré par une grande partie du public metal, d'autant qu'il a débuté avec les albums "Against" (1998) et "Nation" (2001) qui sont tout sauf des chefs-d'œuvre. Pas facile pour le Sepultura du XXI° siècle de réussir à trouver sa place, violemment attaqué par les nostalgiques de l'ancien temps qui se sont empressé de cracher sur Derrick Green, le nouveau chanteur.

S'ils avaient été face à lui, ils n'auraient sans doute pas osé.

mardi 28 juin 2011

Live review : One Man Team Dance + Seal of Quality + Le Général Midi (25/06/11, Emporium Galorium, Rouen)


Cela faisait quelque temps que je n'avais pas mis les pieds à l'Empo, ce petit bar un peu haut perché muni d'une cave voûtée dans laquelle sont organisés de petits concerts sans prétention. J'ai déjà pu voir les murs de pierre de cet endroit ruisseler de condensation lors de certains concerts animés (notamment metal) très surprenants. Ce soir, l'humidité ne sera sans doute pas au rendez-vous, me dis-je en arrivant, en retard pourtant, et en voyant une poignée de personnes, dix ou quinze à peine, devant la scène sur laquelle la première partie termine déjà sa deuxième chanson.

"Helping ugly people have sex since 1997". Vendeur, mais je ne dois pas être tout à fait assez moche pour que ça marche pour moi. (Rouennais, allez au Shari Vari ou à la Boîte à Bières, ça fonctionne mieux.)

samedi 25 juin 2011

TesseracT


Il était temps que j'en parle, de ceux-là ; car, au milieu de cette fameuse vague djent mort-née dont on a déjà beaucoup parlé par ici, TesseracT fait partie de ces rares groupes capables, d'une part d'intégrer cette influence à un style plus ouvert, et d'autre part à distiller par ce biais une émotion forte, prenante, inéluctable. Pour cela, le groupe anglais, d'abord projet solo expérimental dès 2003, devenu quintette en 2007, a tracé sa route quelque part entre l'autoroute djent et la jungle du metal progressif, bifurquant de temps en temps sur d'étranges déserts atmosphériques qui enrichissent encore leur univers très particulier.

Et en plus, ils ont l'air super sympas.

mardi 21 juin 2011

Interview Clotaire 1er


Après l'interview dans un placard peint en noir, le fond de couloir blanc cassé du backstage du Glazart me paraît incroyablement calme et lumineux. Autant dire que l'interview de Jeff, alias Clotaire 1er, se passe dans de bien meilleures conditions que celle de Matta, et c'est un jeune pas-tout-à-fait-trentenaire décontracté et bavard qui répond à mes questions avec le plus grand naturel du monde, assez loquace pour même répondre d'avance à des questions que je ne lui ai pas encore posées.

Et il a l'air moins fou au naturel que sur scène. Enfin, je crois.



dimanche 19 juin 2011

Live review : Casse Ton Singe ! (17/06/11, Glazart, Paris)


Casse Ton Singe a été annoncé/vendu par La Mangouste, qui gérait l'évènement, comme "une soirée festive à grand renfort de groupes noise et pop, fanfares, DJs électro/techno, délires 8 bit, sets breakcore, animations débiles, déguisements, jets de ballons, happenings en tous genres." Etant donné que j'ai remplacé la before par un buvage de coups en bonne et due forme, et que j'étais trop épuisé pour l'after, je ne peux pas juger de l'ambiance à ces deux endroits (respectivement le Pop-In, dans le onzième, et le BKO, dans le vingtième). L'after lui-même peut être considéré comme un happening, puisque le lieu a été gardé au chaud jusqu'à la dernière minute.

Et l'Oscar du meilleur teaser est décerné à...

mercredi 15 juin 2011

The Schönberg Automaton


Quand on lui demande qui est Schönberg, Google nous renvoie Béatrice, notre présentatrice-vedette de la télé-poubelle du service public avec sa bouche à l'envers, mais aussi Arnold, compositeur d'origine autrichienne ayant officié lors de la première moitié du XXe siècle. Sa grande influence sur la musique classique de ce siècle est mise en exergue dans l'article Wikipedia par de superbes phrases comme celle-ci :
Recherchant de plus en plus le systématisme de la construction musicale dans l'esprit du classicisme du XVIIIe siècle tel que synthétisé par Johannes Brahms, mais dans une expression moderne — il s'agit donc d'une double transcendance de l'esprit bacho-mozartien, car c'est finalement dans le « conservateur » Brahms que Schönberg reconnaît le véritable novateur — il inaugure en 1923 une technique de composition fondée sur la notion de série qui le place à l’avant-garde du mouvement musical.

mardi 14 juin 2011

Matta : 3940 interview (english version)


Version française ICI.

It is four in the morning and the extraordinary "Ten Years of Ad Noiseam" night is in full swing (Balkansky & Loop Stepwalker are just putting an end to their powerful set, and Niveau Zero is next up for even more heavy-fucking-sound). I'm in a kind of bathroom, but without a toilet : a three-by-two metre room, with black walls fully covered in stickers. The smell of alcohol and cigarette smoke fills the air. This room is the Batofar "VIP lounge". Sitting in the corner of a small L-shaped bench, I wait for Matta to return with some beers. The interview is yet to start and I am already being offered a beer by the band. Awesome !

The tune I heard while waiting ("Kora", by Balkansky and Loop Stepwalker).

lundi 13 juin 2011

Dysfunctional


En un mot comme en cent, il y a en France un talent incroyable dans le metal. Dysfunctional est un groupe qui vient nous le prouver, encore une fois, comme s'il le fallait encore. Leur premier album "John Stone Lives" est sorti officiellement le premier juin, et c'est une merveille.

Merde, même la pochette est géniale.

samedi 11 juin 2011

Album en mousse : Morbid Angel, "Illud Divinum Insanus"


Cinq minutes après le début de ma première écoute, je me dis : "Non, pas possible, c'est une blague. J'ai téléchargé un fake." A ma décharge, une heure avant, j'étais tombé sur un album des Jackson Five en lieu et place de Morbid Angel. Je crois que mon ordinateur ne s'en est pas encore remis, moi qui l'avais habitué à "d'autres genres de sonorités"...

Morbid Angel, ce sont les papas du death metal, quand même. "Blessed Are The Sick" (1991), "Covenant" (1993), "Formulas Fatal to the Flesh" (1998) sont des opus qui ont défini de nouveaux standards dans le style, et "Gateways to Annihilation" (2000) est sans hésitation mon préféré de tous, et (pour moi) un des plus grands albums de death-metal de tous les temps. "Heretic" (2003) avait déjà quelque peu ramolli le groupe : compositions moins inspirées, plus "formelles", et un album se terminant par deux solos, démonstrations techniques aussi inutiles que ridicules (d'autant que le solo de guitare est en fait celui de "Secured Limitations" sur leur précédent opus). Le groupe avait beaucoup chuté dans mon estime à l'époque...

Sérieusement, finir un album par un solo de guitare tiré de l'album précédent, c'est pas du foutage de gueule ?

jeudi 9 juin 2011

Scarve


Combien de fois faudra-t'il te le dire, petit lecteur idiot, avorton trichromosomique, enfumé du cortex ? La France a dans le metal le bleu qui manque à son décor. Je vous en ai balancé, des groupes français qui décollent la cervelle, bande de mous de veaux sur pattes, et je vous jure que je ne vais pas m'arrêter là : celui qui est l'objet de cette chronique a sans doute plus marqué ma jeunesse que l'amour illuminé que je vouais à la sœur de leur chanteur, qui était dans ma classe à l'époque -- ô douloureuse année de terminale -- et qui, à défaut d'avoir répondu présent à l'appel de mes hormones, m'a offert des skeuds du groupe de son frangin, dont j'étais déjà fan bien avant de me rendre compte que, décidément, le monde est petit. Pierrick Valence, chanteur nouvellement recruté (à l'époque) dans le groupe nancéen Scarve, frère de la belle Stéphanie avec qui je partageais mes amours guitaristiques dans la cour d'un lycée des Bouches-du-Rhône.

Non, je déconne. On avait un minimum de goût, même pour des lycéens.

Bref. Parlons un peu musique, pour changer. Parlons de ce groupe génial, formé en 1994 par le batteur hallucinant Dirk Verbeuren et le guitariste non moins talentueux, bien que moins connu, Patrick Martin.

mardi 7 juin 2011

Matta : interview 3940


English version HERE.

Il est quatre heures du matin, la soirée spéciale "Ten Years of Ad Noiseam" bat son plein (Balkansky & Loop Stepwalker ont ramoné le public, Niveau Zero prend la suite, qui en remettra plus qu'une couche), et je suis dans une sorte de chiotte sans chiotte, une salle de trois mètres par deux aux murs noirs couverts de stickers divers, qui sent l'alcool et la fumée de cigarette. Cette salle est la "loge VIP" du Batofar. Je suis assis sur une sorte de banc en bois en forme de L, et j'attends les Matta qui nous ramènent des bières. L'interview n'a pas commencé, et le groupe me paie déjà une pression. Le pied.

Fond sonore de mon attente ("Kora", par Balkansky et Loop Stepwalker).

lundi 6 juin 2011

Live review : Nasser + Orchester + M.I.L.K (03/06/11, Théâtre des Chalands, Val-de-Reuil)


Un théâtre peut-il être un lieu approprié d'une quelconque façon à un concert orienté électro-rock-metal-post-dub-trip-hop ? me demandè-je avec anxiété tandis que nous arrivons sur le lieu du show, quelque part dans la splendide ville de Val-de-Reuil, authentique bourgade toute de ferraille et de béton qui me semble aussi adaptée à l'évènement que ne l'était Notre-Dame-de-Gravenchon, superbe ville à l'économie pétrochimique florissante, à la venue de Gojira il y a quelques années.

vendredi 3 juin 2011

Live review : 10 years of Ad Noiseam (01/06/11, Batofar, Paris)


Bonjour l'affiche qui fait baver : en plus des trois petits choux sur lesquels je me suis longuement étalé dans ces pages, et ne voyez pas d'allusion déplacée là où il n'y en a pas, merci d'avance (je parle bien sûr d'Igorrr, Matta et Niveau Zero), cette soirée alléchait encore avec le duo Balkansky/Loop Stepwalker, rencontre explosive d'un dubstepper espagnol et d'un drum'n'bassien bulgare, dont le récent EP "Fraktals" est une petite bombe ambitieuse et glitchy à ne pas faire cracher dans toutes les oreilles, et la présence derrière les platines de Nicolas Chevreux, monsieur le chef d'Ad Noiseam, qui, à en croire son éclectisme musical et ses goûts de derrière les fagots, allait probablement conclure la soirée par un mégamix corrosif de ses petits chouchous d'artistes maison.

Vous allez dire que je me répète, mais... TMTC, si si.

jeudi 2 juin 2011

Tha Trickaz


Découverte Île-de-France du Printemps de Bourges 2009, Jeune Talent SFR de l'édition 2010 du festival Marsatac, Tha Trickaz est un duo hip-hop/électro qui a déjà fait parler de lui. Une "Iconoclast Sound Adventure" sortie en 2005, puis un bien plus mature "Cloud EP" en 2009, nous ont rendus impatients d'entendre cet album, qui a fini par sortir : "Cloud Adventure" a surgi en ce début d'année, annoncé par un trailer plus qu'alléchant.

...que voici.