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mercredi 27 avril 2011

Sleepytime Gorilla Museum


Le dadaïsme est un mouvement artistique de la fin des années 1910 et du début des années 1920, caractérisé par une volonté de rire de tout, une iconoclastie galopante (on peut citer Marcel Duchamp dessinant une paire de moustaches à la Joconde), et une volonté de se libérer des contraintes et des idéologies de l'époque. Il semblerait que, le 22 juin 1916, un musée dadaïste et futuriste nommé le Sleepytime Gorilla Museum ait ouvert ses portes, et que sa seule exposition, le jour même, ait consisté en un grand incendie, le musée ayant fermé définitivement ses portes le lendemain.

Difficile de dire si ce "musée" impermanent est une légende ou une vérité historique, car la seule trace que nous pouvons en trouver vient des interviews des membres du groupe américain Sleepytime Gorilla Museum, dont le premier album (2001) s'appelle d'ailleurs "Grand Opening and Closing". Et le premier titre de l'album, "Sleep is Wrong", donne d'ores et déjà un bon aperçu : mélange improbable de metal progressif et de musique tsigane, de voix masculine rugueuse et de chant féminin angélique, avec des influences quelque part entre le punk et la musique classique, dans une ambiance dont on ne sait jamais si elle est féérique ou cauchemardesque, avec de grosses réminiscences de la vague musicale dite zeuhl, le groupe est aussi dadaïste que son nom l'indique. Le reste de l'album continue de surprise en surprise, avec notamment la mélodie sombre et dissonante à la voix féminine cassée de "Ablutions", le rock'n'roll Elfmanisé volontairement absurde de "1997 (Tonight We're Gonna Party Like It's...)", la transition surréaliste (et presque choupi-kawaï) "The Miniature", le mid-tempo bizarroïde de "The Stain", l'ambiante "Sunflower", la complainte déchirante de "Flinch"... "Grand Opening and Closing" est quelque part entre l'absurde rigolard et le torturé tortueux, et c'est un véritable régal.

"Sleep is Wrong", l'aspect le plus "envolé" de l'album, et un superbe morceau.


Trois ans plus tard, "Of Natural History" est son digne successeur, baignant toujours dans la même folie surréaliste et la même veine metal/rock progressif/avantgarde, et parvenant malgré tout à se renouveler. Chaque morceau sort du lot à sa manière, mais on peut en citer quelques-uns pour donner une idée de la variété de l'album : "Phthisis", sorte de rencontre improbable entre Frank Zappa et Björk ; "Bring Back the Apocalypse", sorte d'hommage salsa/zeuhl à Mike Patton ; l'hymne enragé, rempli de percussions graves et de va-et-vient de violons fous, que constituent les 11 minutes de "The Freedom Club" ; l'expérimentation de "Year Cicada" qui fait penser au Pink Floyd période "Ummagumma" et aux Residents ; le rock sombre et mélodique de "The Creature", avec son solo de cithare torturée ; et les 14 minutes de "Babydoctor", quelque part entre l'enfumé et le glauque, qui passent bien trop vite. Globalement, ce deuxième album de Sleepytime Gorilla Museum semble légèrement moins sombre que le premier, tout en restant dans sa continuité et en affinant encore cette forme très particulière de surréalisme musical.

"The Creature", belle comme une chanson de Creedence Clearwater Revival sous acide.

Encore trois ans de plus à attendre, à croire que ces albums sont longs à composer... Une heure et quart chacun, en même temps... Et en 2007 sort "In Glorious Times", que je rechigne à qualifier de "digne successeur des deux précédents", d'une part pour ne pas trop me répéter, d'autre part pour que vous n'ayez pas l'impression que le groupe fait toujours la même chose. Chaque album a une ambiance particulière, des rebondissements rien qu'à lui, comme si le groupe suivait un chemin qui n'appartient qu'à lui dans l'exploration musicale. D'après mon ressenti propre, "In Glorious Times" serait le plus poétique des trois, le plus Elfmanien dans un sens, jouant moins sur un aspect "poisseux", tirant plus vers une sorte de spleen ou de romantisme (au sens le plus noble du terme), ce qui fait de lui mon préféré. Dès les premières notes de la première chanson, la superbe "The Companions", dont la mélodie de chant se grave très rapidement dans les mémoires, on est happé dans un monde qui flirte à la fois avec la démence et la beauté, comme suivant plus loin encore le lapin blanc. Cet album encore, mieux encore que les deux précédents, parvient à garder une ambiance et un fil conducteur tout en étant d'une incroyable richesse : du mid-tempo dur et lyrique de "Puppet Show" à la fabuleuse chanson de rock progressif avantgarde, à la fois fidèle à ses origines 70's et totalement iconoclaste, "Angle of Repose" (il y a vraiment du Björk dans la façon qu'a cette femme de chanter, et c'est tout simplement beau), de l'ambiance macabre de "Ossuary" au délire onirique palpitant de "The Only Dance", de la douceur rugueuse et gorgée de spleen de "The Greenless Wreath" à l'expérimentation de "Putrid Refrain" qui conclut l'album sur une note particulièrement bizarre, rien dans cet album ne laisse indifférent, tout est à mi-chemin entre le Beau et le Bizarre, ce qui fait de "In Glorious Times" une immense réussite, presque un chef-d'oeuvre.

Clip de "Helpless Corpses Enactment". Wouah.

Cette chronique est aussi celle d'une mort programmée, à en croire leur site officiel, car le groupe a annoncé ses derniers shows il y a quelques semaines en Californie, sous le nom "Grand Opening and Closing Tour 2011" d'ailleurs. Il travaille actuellement sur un nouvel album (sans doute le dernier), un court-métrage nommé "The Last Human Being" et un DVD regroupant des lives entre 2005 et 2011. On s'impatiente de voir ces nouveautés sortir, tout en déplorant qu'elles soient quasiment des oeuvres posthumes...




2 commentaires:

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