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samedi 20 novembre 2010

My Own Private Alaska



"Guitare ? Non, pas besoin. Basse ? Bof. Un piano suffira." Y avait-il eu, dans l'histoire entière du rock, un seul groupe qui avait eu l'idée d'une formation aussi atypique ? Si ce groupe a existé, il a dû mourir aussi vite qu'il est apparu, soit à cause de l'incompréhension du public, soit à cause d'un manque de talent, soit à cause d'une promotion ratée ou d'une sorte d'injustice musicale divine. Mais je doute qu'avant le groupe dont je vais vous parler aujourd'hui, quelqu'un ait eu cette idée.

Il faut dire aussi que le pari est risqué. Transposer la beauté cristalline du piano à la rudesse horripilante (au sens étymologique du terme) du postcore est, à première vue, une insulte aux deux. Et pourtant, My Own Private Alaska y parvient avec un brio déconcertant.

Trio toulousain formé il y a cinq ans (à la louche), M.O.P.A se déclare comme ayant Chopin, Nirvana, Danny Elfman et Envy comme influences principales. Effectivement, les longs arpèges développés par le pianiste font penser entre autres au petit Fryderyk, le batteur et le chanteur venant rehausser le tout d'un goût de hardcore/screamo/post-machin-truc très prononcé. Mais se limiter à décrire le premier EP du groupe comme une superposition de composition classique et d'énergie coreuse est à la fois une description fidèle et un résumé insultant.

Que je m'explique : l'esprit même de cet EP, qui ne peut tout simplement laisser personne insensible, réside dans l'intensité du contraste entre douceur et rugosité, entre la mélodie prenante et les hurlements glaciaux. La musique de My Own Private Alaska est exactement le point de rencontre entre deux univers, et la puissance incoercible de cet EP réside dans ce choc-même. La mélodie berce, le rythme secoue, la voix hérisse -- et on se retrouve à poil, en première ligne, sur le front d'un combat que la musique semble livrer à elle-même. On est soi-même le champ de bataille, le point d'impact, l'épicentre.

Clip live officiel de "Die for me (if I say please)", tirée du premier EP.

Beaucoup ont eu du mal à accrocher à l'album qui a suivi, "Amen", et je fais partie de ceux-là. La production "à la ricaine" de Ross Robinson adoucit le contraste, lisse les angles, pour un résultat moins brut, presque "trop propre". Les chansons de l'EP reprises sur l'album semblent y avoir perdu de leur côté mordant et direct. Une nouvelle direction artistique qui ne ressemble plus tellement à l'esprit originel du groupe, pourrait-on croire. Pourtant, sur scène, ces chansons claquent autant que les précédentes, bien que jouant dans un registre émotionnel différent : la souffrance du début semble s'être partiellement mutée en une haine féroce, et l'expérience du concert n'en devient que plus intense et libératrice. A quand un "Cathartic World Tour" ?

Clip de "After You", tirée du premier album "Amen". Ca change. A vous de juger.



4 commentaires:

Jän a dit…

hoho excellent !!! encore une decouverte, merci !!! ... je suis fan d'Envy, d'Impure Wilhelmina,de screamo et de post-Rock, et là là là, mais là, je suis comblé!! Pour revenir au debut de la chronique, en terme de formation Rock atypique, il y a eu Morphine, groupe de rock sans guitare mais avec un saxo.

Je trouve "after you" tout aussi prenante, malgré la prod proprette et rondouillarde.

Modern Zeuhl a dit…

Merci pour Morphine, je note ça précieusement ! Et sincèrement ravi que tu trouves ton bonheur dans ces pages !

Si tu veux rester dans la veine post-machin, va jeter un œil sur Dirge, The Phantom Carriage, Transmission0, General Lee.

Et pour élargir un peu : Sleepytime Gorilla Museum, Om Mani, Vuneny, SikTh...

Ils sont tous dans les pages de la Zeuhlerie, alors... bonne fouille ;)

Modern Zeuhl a dit…

PS : suis la Zeuhlerie sur FB si tu veux être tenu au courant des nouveautés (le lien est en haut de page).

Jän a dit…

cool vais aller ecouter tout ça, pour le moment je bloque sur MOPA, en qui concerne Impure wilhelemina (groupe suisse), l album "L'Amour, La Mort, l'Enfance Perdue" est à ecouter avant les autres albums je pense, ça te coince le coeur et les couilles dans une pince monseigneur.

allez echange de bon procédé, voila aussi quelques groupes dont je suis friand, "LVmen" (postcore) "pure reason revolution" (metal, prog, electro), "black mountain" (Floydien ascendant Meddle), "Do make say think", "giant quid" (heuuu sub-aquatique tres lourd); "Chapelier fou" (electro)

j irai faire un tour sur FB ce soir,merci

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