Suivez Modern Zeuhl

Pour suivre Modern Zeuhl sur Facebook, Twitter, par mail ou via RSS, c'est en bas de page.

jeudi 24 février 2011

Fast Forward


Détracteurs extrémistes de la musique de presse hydraulique et des guitares acérées, passez votre chemin. Les autres, sortez vos enceintes, augmentez le niveau de basses, ça va cracher. Mais d'abord, un peu d'histoire (si vous vous en fichez, sautez directement à la fin de l'article pour écouter "Katuvolcus", la plus représentative et significative de cet article).


En 1986, ouhlà, ça nous rajeunit pas, se forme le groupe d'industriel Treponem Pal. Réputé comme un des meilleurs (en fait, un des seuls) groupes de metal indus français des années '90, il s'acoquine durant dix ans de carrière avec des Ministry, KMFDM, Godflesh et autres Prong, autrement dit : des grands noms du rock et metal industriel international. Leur troisième album, "Excess & Overdrive", sorti en 1993, froid et prenant, est encore considéré par certains comme un excellent skeud, voire même un album culte à en croire la bio du groupe sur son Myspace.

Le groupe se fait remarquer quelques années plus tard grâce à un passage sur Canal +, à l'époque de "Nulle Part Ailleurs" et de ses lives endiablés. C'est en 1996, et Treponem Pal joue "Renegade" pour la promo de son quatrième album. Leur danseur travesti finit tout nu sur scène, face caméra, à une heure de grande écoute, ce qui provoque quelques remous. Un coup dans l'eau, sans doute : le groupe se saborde en 2001. Reformé de bric et de broc en 2006, il ne convainc pas grand-monde, les puristes restant scotchés à leurs bons vieux albums.

Le fameux live des Treponem Pal @ NPA : "Aaaaah, stouquette !"

Deux ans après le "Stouket-Incident" (comme on dit aux States), le futur-ex-batteur du groupe, Didier Ambact, collabore avec Gjalp, guitariste-chanteuse du groupe de deathcore Gothic, pour donner naissance à un gros groupe de hardcore qui tâche : Fast Forward. Les débuts sont d'ores et déjà à la hauteur, comparativement au hardcore français de l'époque : froid et sans concession, bien que pouvant sembler trop minimaliste aux oreilles trop fragiles. Vous pouvez jeter une oreille au cultissime "Neurophonie" de Micropoint, sorti en 1999, l'album qui a jeté les bases et donné la voie à l'ensemble de la scène hardcore française, pour en avoir une idée.

"Data Cops" de Micropoint, sur Neurophonie : c'est gros, lourd, puissant, et bien industriel...

Fast Forward joue sur ce terrain avec complaisance, et s'y amusera encore quelques années plus tard, comme pour se distraire un peu entre deux compositions plus personnelles. Diverses apparitions sur vinyle ou CD compil, aux côtés de The Speed Freak, Radium, Lenny Dee, et autres grands pontes de l'indus qui pilonne distribués par le label Psychik Genocide (à qui l'on doit aussi Androgyn Network et Maissouille, entre autres), en attestent.

La preuve en musique. ("Demande à la poussière", sur l'EP "Backdraft 01".)

Mais là où le groupe tire son épingle du jeu, c'est quand il s'amuse sans contraintes. En 2002, Fast Forward sort l'album "Public Disorder" ; mêlant hardcore, guitares saturées, sonorités indus et passages plus mid-tempo, passant avec une aisance déconcertante de grosses attaques hardcore virulentes ("Power of Ignorance" avec son beat gras et son riff de guitare martial, "Mass Listeria" remixé par Radium, "Crash Impact (Fuck Didier mix)" et ses jolis rototos samplés) à de l'indus/drum'n'bass/breakbeat (l'excellente "...The Law Won", l'intro mi-noise mi-dub puis le développement break de "Big Dick Man"), puis nous retournant la cervelle par surprise à coups de gabber ou de speedcore, juste comme ça, le temps d'une ritournelle ou d'un hoquet ("Public Disorder (Don't Push Me)" et "Slow Down" sont des attaques terroristes en puissance), l'album qui porte bien son nom est une petite merveille, éclectique et ravageuse.

"Dernier Train Pour l'Enfer", légèrement antérieure à l'album, et dont un remix figure sur icelui. Impossible de trouver un titre de l'album sur Youtube -- contactez-moi pour que je vous le fasse écouter.

Néanmoins, cet album n'est pas encore comparable à "Mabinogion", sorti en 2007, et une véritable bombe. Rejoints en 2004 par Nitroben, entre autres guitariste de Stupéflip, les Fast Forward nous offrent sur un plateau un petit bijou mélangeant metal, industriel et hardcore, rageux et poignant. Gabber-trash incisif réhaussé par les gueulantes bläärk-metal de Gjalp ("Cult of the Skull", "Guerre Totale", et la dévastatrice "Slaughter Retreat"), metal industriel lourd métissé de hardcore bruitiste aux relents tribaux ("Bolg", "Blood Meld"), le tout ornementé de quelques surprises plaisantes (l'instrumentale "Marudiat Es Atrebatia", metal/breakbeat d'excellente facture, ainsi que le mid-tempo épique de "Revenge" auquel participe VX69, le chanteur de Punish Yourself, ou encore "Calleva", qui conclut l'album sur une sorte de doom/industriel sombre et prenant) : rien n'est à jeter dans cet album nerveux et rentre-dedans.

"Katuvolcus", tirée de "Mabinogion". Le clip (un peu moche) n'est pas d'eux, Dieu merci. Mais cette chanson, oh mon Dieu...

Hélas, trois fois hélas, Fast Forward n'existe plus depuis 2009. Mais leurs deux albums sont suffisamment riches pour que des dizaines d'écoutes ne les épuisent pas...




Pour entendre plus de musique de ce groupe, contactez-moi : modernzeuhl@gmail.com

2 commentaires:

Neige a dit…

Salut!
Cool de voir un article sur FAST FORWARD!
Par contre, ils ont fait que 2 albums, mais il y a toute une floppée de EPs de dingue aussi!

Modern Zeuhl a dit…

Il faut encore que je fouille dans la disco du groupe, effectivement, mais "Mabinogion" m'a mis une telle claque que je sais que je n'apprécierai pas autant le reste ! Difficile existence que la mienne, pas vrai ? ^^
Merci pour ce commentaire, n'hésite pas a fouiller dans le reste du blog, peut-être y trouveras-tu des choses intéressantes. Au cas où tu ne connaisses pas encore, je te conseille de jeter une oreille a Igorrr : http://modernzeuhl.blogspot.com/2010/11/igorrr.html

Enregistrer un commentaire