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mardi 8 février 2011

Vuneny


De la même façon que j'ai littéralement encensé le label Ad Noiseam dans la Zeuhlerie consacrée à Matta, je vais aujourd'hui encenser le label français Jarring Effects, voyez plutôt : High Tone, La Phaze, Ez3kiel, Interlope, Brain Damage... Que du bon, de l'hallucinogène, de l'halluciné, du qui-fait-planer.

(J'en profite pour préciser que ce label a besoin de vous. Achetez leurs CDs, ou bien faites-leur juste don de quelques dollars, mais soutenez-les. Comme ils le disent eux-même sur leur page d'accueil, ils en ont besoin.)

TMTC.


Au milieu de ces groupes français, on trouve le duo bosniaque Vuneny, que j'accuse ici, en ces pages, de m'avoir privé de mes capacités cérébrales. Rien que ça. Oui, messieurs Zovko et Cisic (merde, je sais même pas comment ça se prononce), vous êtes coupables de vol de conscience et de viol répété d'âme. Faire une musique comme la vôtre, ça devrait être interdit dans n'importe quel pays.

Votre façon radicalement novatrice de mélanger trip-hop, électro, post-rock, et instruments classiques ou folkloriques, me capte à un tel point qu'à votre écoute, je me retrouve incapable de faire quoi que ce soit d'autre. Je ne parle pas de vos deux premiers albums, que je confesse avoir laissé de côté, mais "Whatever Singularity", sorti en 2009, est un bloque-cerveau d'une beauté incroyable.  A l'image de sa pochette : très étrange à première vue, mais d'autant plus captivante, elle recèle un esthétisme et une poésie à la limite de l'irrésistible.

"Define Violence II", deuxième piste de l'album, et deuxième sévère claque.

Entre l'énergie douce-amère de tracks comme "Get Me A Horse (And I'll Bring You A Musicbox)" ou "Hold That Thought", et la douceur berçante de "Loving Calm Of Your Arms" ou "Partisanska", on trouve d'autres titres, toujours plus surprenants et incroyablement beaux les uns que les autres, métissages improbables mais efficaces de styles et d'inspirations toujours lunaires (jusqu'aux sonorités d'accordéon de "Whatever Singularity", qui sont étonnamment plaisantes dans leur contexte).

"Get Me A Horse (And I'll Bring You A Musicbox)". Ce titre est tellement étrange.

Vous êtes des artistes incroyables, pour faire bref. Et l'assurance de planer sans se ruiner chez le dealer du coin. C'est de ça que je vous accuse, messieurs : vous m'empêchez inexorablement de mener ma petite vie tranquille et morne -- vous me dérobez au monde qui me donne matière à subsistance, pour m'emporter dans des délices oriniques qui me distraient de la vraie vie (et ne paieront pas mon loyer). Je vous déteste.



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