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lundi 16 mai 2011

A Backward Glance on a Travel Road


Comment résumer en quelques phrases la Beauté ? Cruel dilemme que tout chroniqueur honnête se doit de se poser au moins une fois, et à laquelle, hélas, beaucoup répondent par des voies détournées, usant de comparaisons laudatives à des groupes dont "on" sait qu'ils font de la belle musique, sombrant dans une description technique plus pratique, ajoutant quelques métaphores souvent trop communes, et j'en passe. C'est ainsi que je pourrais dire du premier album éponyme du groupe français A Backward Glance on a Travel Road que son post-rock floydien (qu'on ose donc me dire que les deux parties de "In Absentia" ne font pas penser à du Pink Floyd des années 70 !) aux parties vocales douces-amères se mélange délicieusement à une approche acoustique plutôt sud-américaine, volant autant à la folk qu'à des modes de composition plus proches de ceux d'une bande originale d'un film jamais sorti, pour nous emporter dans un voyage dont on ne ressortira pas indemne. Voila, je suis fier de moi, je pourrais presque aller bosser chez Télérama avec ce genre de phrases.

Oui, mais... ("Regular Barbary", qui ouvre l'album.)

Le problème, c'est que mon honnêteté d'humble chroniqueur m'interdit de n'user que de ce genre de procédés fallacieux pour vous vanter ce duo dont la musique m'a tout simplement chaviré (oups, un verbe-métaphore). Bien sûr qu'il m'est indispensable de vous introduire la cour dans laquelle joue le groupe, de vous faire savoir d'emblée qu'il s'agit d'une sorte de post-folk, complétée par diverses incursions de rock progressif ("Johnny Got His Gun") voire de rythmiques metal ("Hier Régnant Désert"), d'instruments classiques ("Regular Barbary"), de chants puissants (le choeur féminin de "Falling"), de samples vocaux incroyables (l'introduction de "In Absentia Part I")... Mais, bien que vous ayez maintenant une idée de l'ampleur et de l'ambition de ce projet, cela ne vous en dira pas la Beauté. Cela ne retranscrira pas la Vibration, le murmure délicat de la Zeuhl que cet album fait souffler dans nos oreilles.

"Johnny Got His Gun". La fin de cette chanson est un arrache-coeur.

Il y a dans cet opus plus de beauté condensée que dans la quasi-intégralité des albums que j'ai écouté cette dernière année. Il y a une façon de sublimer avec un talent incroyable la mélancolie et le doute, de métamorphoser l'âpreté de l'expérience humaine en une émotion cristalline dans un procédé créatif alchimique. Il y a quarante minutes d'une musique qui, triumvirat fusionnel de technique, d'intelligence et d'émotionnalité pure, rassemble âme, esprit et corps et les invite à se retrouver et à s'apaiser les uns les autres.

"Hier Régnant Désert", un mélange incroyable.

Avant d'écouter cet album, je croyais que Björk et Massive Attack étaient les plus puissants anxiolytiques de la musique contemporaine. Avant. Il y a quelques jours. Dieu, que ce temps est loin... Nous sommes en mai 2011, cet album grandiose vient de sortir en dématérialisé (il est au prix minimum de 1 euro sur Bandcamp), il arrive le 6 juin en CD, et A Backward Glance on a Travel Road est en mini-tournée (trois concerts en France, un en Belgique, un au Luxembourg et un en Suisse) dans les semaines à venir avec My Own Private Alaska. La date parisienne du 31 mai me fait des clins d'oeil que j'aurai du mal à ignorer.


Site officiel (liens Bandcamp, Myspace, Facebook...) : http://www.dl-abackwardglance.com/

1 commentaire:

Jän a dit…

... heuuu mais ça sort d'ou ça ???? ... truc de malade .... il pleut, je suis au boulot, j'ecoute, je suis ailleurs ... et j'ose dire que les 2 parties in absentia me font plus penser à Porucpine Tree epoque "In absentia" justement qu'a un pink floyd, mais bon Porcupine tree sonne bien souvent comme du Floyd, alors la boucle est bouclée ...

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