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samedi 15 janvier 2011

Interview Floating Wood

Après m'être véritablement défoncé le crâne avec leur premier EP, j'ai fini par faire la connaissance des membres de Floating Wood, lesquels m'ont fait l'honneur d'accepter mon invitation virtuelle à une interview. Et voici que j'en ai trois en ligne en même temps... Ils m'accordent gentiment une heure et demie, de questions sérieuses en franche rigolade, avant de devoir me quitter (une histoire de train à prendre, ça doit être encore une métaphore vaseuse d'artiste, allez comprendre). Voici donc, dans une version simplifiée pour une simple raison de commodité de lecture, le contenu de cet entretien mémorable avec Anto (guitariste), Yann (batterie) et Jx (basse).



Merci d'être là, ça me fait plaisir !
Yann : Encore plus à nous, mon gars !

Première question, essentielle pour moi : que veut dire le nom de votre groupe ? Référence, symbolique particulière, sonorité cool ?
Yann : On va casser le mythe direct, mais pour le coup on s'est tapé un trip sur Floating ; au début on s'appelait Floating Mind, mais ça sonnait un peu trop disco, donc on a remplacé Mind par Wood.
Anto : A la base, c'était l'idée de Yann d'appeler ça Floating Mind, en vue de la musique que l'on voulait faire, mais on y a réfléchi quelques temps après (avec la venue de notre chanteur) et on s'est dit que c'était un peu hype comme nom, et qu'il fallait le changer. A ce moment-là, on regardait un livre de photos que Yann s'était fait offrir par la grand tante de l'oncle à sa cousine par son frère, et on a vu une image s'appelant Floating Tree, d'où Floating Wood.

Pièce à conviction numéro 1 : la fameuse photographie de l'arbre flottant, Jerry Uelsmann, 1969.

Comment est né le groupe ? Vous vous connaissiez depuis longtemps ?
Yann : Nous sommes tous les trois de très bons potes depuis un long moment. On a monté le groupe à la suite d'un projet commun : on jouait tous les trois pour le court-métrage d'un ami, et le groupe s'est ensuite monté très vite.
Anto : Pour ma part, j'ai rencontré Yann au primaire, mais on n'a repris contact qu'en première, et j'ai rencontré Jx dans son premier groupe (un vrai premier groupe de merde).
Yann : Je confirme, mais tous les trois ça fait un bail qu'on se connait maintenant.
Anto : Je pense environ 3/4 ans pour les deux autres zigotos.
Yann : Et le groupe, c'était en 2008, je crois.
Anto : Oui, en avril, il me semble.
Yann : Le 22, vers 14h15.

Etes-vous partis directement dans votre veine "post-moshcore" (je récupère vos termes) ou vous avez d'abord un peu erré ?
Anto : On a beaucoup erré et pris le temps de se chercher.
Yann : Je confirme. Au début, on voulait vraiment faire du postcore à la Pelican, Isis et compagnie, mais on n'a jamais réussi à en faire au final. Quand Anto a acheté une 7 cordes et qu'on a découvert Meshuggah et autres, ça a changé pas mal de choses. Tu confirmes, Anto ?
Anto : En effet, l'acquisition d'une 7 cordes a eu une influence énorme sur mon jeu et mes compositions... ainsi que les milliers de groupes que Yann m'a fait découvrir.
Yann : La veine deathcore, et tous ses gros moshs de porc, ont eu une influence sur nous.
Anto : Je pense aussi que faire du postcore, comme le font "les vrais", reste un art qui ne peut être appliqué qu'avec une grosse maturité musicale.
Yann : Bien dit, il faut avoir une certaine maturité musicale qu'on n'avait pas étant jeunes. mais les deux groupes qui ont vraiment déterminé ce dans quoi on est parti sont Black Sheep Wall et Rinoa.

Pourtant, le début de "The Quest" est très Amenra dans l'ambiance... vous n'êtes pas si "immatures" que ça...
Yann : Oui, mais c'était avant ça, et je peux t'assurer que nos premieres compos étaient... "abstraites"...
Anto : Ceci dit, "The Quest" est vraiment particulière. On ne se souvient pas de comment on l'a composée, et elle a survécu a l'écrémage de nos sets.

Pièce à conviction numéro 2 : Amenra ou la "maturité". On dirait surtout un danseur classique qui vient de se coller une baffe au détour d'un entrechat.

Je ne suis pas étonné que vous parliez d'influences postcore très marquées et de groupes de moshcore qui balancent, mais je me demandais aussi s'il n'y a pas du Gojira dans vos compos... En fait, au début, je pensais m'être juste fait abuser par le chant particulier (sur "Khazak MILF" notamment), et puis j'ai fait écouter votre démo à une "amie" qui a particulièrement accroché elle aussi, et qui m'a dit texto : "on dirait les débuts de Gojira, mais avec plus d'influences". Qu'est-ce que vous en dites ?
Anto : Je chie sur ça. ...Je rigole.
Jx : Comme beaucoup de groupes à l'époque où on a commencé, Gojira montait à bloc, on en a souvent écouté, et ça a peut-être un peu influencé nos premiers morceaux, mais plus du tout maintenant.
Anto : Il y a une influence gojiresque non négligeable, je pense, mais je ne suis pas aussi fan que Jx et Yann. Dans la même veine, j'étais plutôt à fond dans Hacride, qui eux étaient apparemment influencés à balle par Gojira (même si je ferais plutôt le rapporchement inverse). Gojira a donné espoir à la scène française, et créé un univers tellement énorme qu'il influence n'importe quel groupe à l'époque ; mais après nos dernières compos, j'espère que tu me diras pas que ça te rappelle Gojira !
Yann : Ce sont des papas !
Anto : Des gros papas ! Ils ont mélangé l'aspect émotif et ambient avec la violence à l'état pur ! Pour moi, c'est un genre de post-deathcore, normal donc que tu puisses retrouver ça (juste un peu, j'espère) dans nos compos.

De quoi parlent vos chansons ? Parce qu'au niveau des titres, entre par exemple les deux que j'ai déjà citées, "The Quest" et "Khazak MILF", il y a quand même un fossé sémantique, à première vue...
Jx et Yann : "Khazak MILF" c'est un trip, un dictateur khazak mélangé avec une vieille MILF, point barre. La "Khazak MILF", on l'a croisée au métro Empalot à Toulouse, c'était dégueu. Je te raconte pas le massacre. "The Quest", c'est l'histoire d'un mec qui sort de sa glace à la Ian Solo et qui débarque dans un monde où il n'y a plus rien. Voilà. Ca ne veut rien dire. Ce sont des trips.
Anto : Quand tu trouves un titre de chanson dans la série Skins, tu ne peux pas prendre aux sérieux tes paroles.
Yann : Nous, on y donne un sens qu'on oublie dès le lendemain, donc...

Pièce à conviction numéro 3 : euh, c'est dans quel épisode qu'ils parlent de MILFs et de dictateurs ?

Comment se passe le processus de composition ? Anto arrive tout fier "eh les mecs j'ai trouvé des riffs qui tuent" et vous bâtissez ensemble ?
Anto : Pas vraiment.
Yann : Ouais, c'est à peu près ça, sauf qu'Anto amène des bouts de riff pas finis qu'on structure ensemble en répé.
Anto : (Je ne sais pas composer un riff de A à Z.) Tout ce qui est mosh, transitions futiles et marquages sont très souvent de la tête de Yann. Je dirais que la manière de composer n'est pas définie : chacun amène des idées en répé et on voit ça ensemble.
Yann : Le but reste que ça soit toujours un travail de groupe, où chacun met du sien.

Est-ce que certains membres de FW ramènent parfois des influences vraiment particulières ?
Yann : On est tous pas mal branchés électro, dubstep et trip-hop : Le Daddy [NdR : c'est qui, lui ?], Flying LotusBonobo, Cinematic Orchestra... Aphex Twin aussi est un génie !
Anto : Mec, y a tellement de génies dans la musique, c'est difficile. Mais on se retrouve bien dans ces quelques groupes.

Et vous pensez que ces influences extérieures ont vraiment un poids quand on compose du postmosh ?
Yann : Complet !
Anto : Carrément !
Yann : Mon but, c'est de créer le mosh qui cassera la Terre en deux et qui paraitra aussi doux que Cinematic Orchestra. Le tout dans les nuages. Avec des arbres.
Anto : Et des trucs qui flottent.

Où en est le line-up du groupe ?
Anto : En pleine reconstruction : Rémi Gallego [NdR : alias The Algorithm] vient de nous rejoindre, et on cherche un chanteur.
Yann : On est tous très très très contents parce que le didiou d'Rémi va rejoindre la troupe et que ce petit génie, qui en plus est un mec adorable, va vraiment apporter la touche qui nous manque, j'en suis sûr. Ensuite vient le problème du chanteur.

Pourquoi y a-t-il eu des départs ? Emplois du temps, éloignement géographique ?
Anto : Problèmes personnels du chanteur... En tout cas, il a fait un travail formidable.
Yann : C'est vrai, ce qui n'arrange pas notre tristesse quant à son départ. Pour le coup, on va essayer de trouver un mec qui, comme lui, ait ce côté "voix d'ours", mais qui s'approche plus du screamo à la Rinoa, histoire de plus varier les palettes.

Pièce à conviction numéro 4 : Tu aimes chanter ? Tu ressembles à ça ? Contacte Floating Wood.

Une question primordiale : qu'est-ce que c'est vraiment que ce Djent dont tout le monde parle, et en quoi faites-vous partie de cette "nouvelle vague" ?
Anto : Le djent est mort né.
Yann : Exactement, mec. Nous, on le prend surtout comme un gros trip. C'est comme le deathcore : il y a des très bonnes choses, mais ça tourne vite en rond.
Anto : Ce n'est pas du tout un style qui va pouvoir s'épanouir et se développer ; plus j'écoute du djent, plus je me dis que tout se ressemble.
Yann : Mais bon, je n'irais jamais cracher sur beaucoup de groupes, qui sont quand même les seuls à innover ces derniers temps.
Anto : Le djent pour moi se résume à une dizaines de groupes, qui ont été pompés par la suite.
Yann : Trop de mots, djent, postcore, moshcore... on s'y perd face à l'essentiel : la vraie création musicale, celle qu'on ne peut pas qualifier justement parce qu'elle nous surprend.
Jx : C'est toujours la même histoire, c'est des racines communes, et c'est comme ça que tu renouvelles un style.

Deux dernières petites questions, et si vous êtes du genre à suivre et à avoir un minimum de jugeote, vous pouvez deviner les deux. ...allez-y, devinez !
Anto : Je me sens débile. "Comment classifieriez-vous votre musique ?"

Perdu ! Je l'aurais posée au début, celle-là.
Anto : Je sors.
Yann : Je dirais "A quand un live au Stade de France ?"

Bon, allez, je souffle la première : Floating Wood en 2011, ça donnera quoi ?
Anto : Une recomposition de ouf pour ma part, en compagnie de Rémi.
Jx : L'apocalypse ! Une algorithmie des arbres, ça va tout défoncer !

Deuxième question, celle que je pose à tout le monde, et jamais de la même façon. Si vous deviez sauver cinq albums de la destruction du monde par les Hommes-Crabes et leur en jeter d'autres à la face pour les ralentir, lesquels sauveriez-vous et lesquels seraient les premiers sacrifiés ?
Anto : A sauver : "Cosmogramma" de Flying Lotus, "Infinity" de The Algorithm (même si pas encore sorti), "City of Echoes" de Pelican, du Rinoa et du Black Sheep Wall. A jeter : Carla Bruni, La Fouine, toutes les chansons sur NRJ et Fun Radio depuis 1980, Bob Marley and the Wailers, Eths, Cradle of Filth, Rammstein édition Japan (tous les morceaux nuls de Rammstein).
Jx : Moi, je garde direct tout de Rinoa, Volumes, Veil of Maya et Foals. Et tant pis s'il y en a plus que 5 ! Je jette : le dernier Architect, Céline Dion, de la varièt' de merde, quoi ! Ah oui : je garde Booba aussi !
Anto : Idem.
Jx : Anto a un patch Cradle of Filth sur son sac.
Anto : Putain, je suis démasqué.

Merci beaucoup, Floating Wood.

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