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mercredi 2 février 2011

Psykup


Cocorico, épisode N+3 (ou 4, je ne sais plus, à force). Le metal français est vivace, original et puissant, et Psykup en est un ambassadeur de premier choix et un expérimentateur jusqu'au-boutiste.

Groupe né en 1995 autour de musiciens bercés (de leur propre aveu) par des Alice in Chains, Primus et autres Strapping Young Lad, Psykup livre un condensé impressionnant de furie métallique, de chants aux sonorités sombres, de syncopes grandiloquentes -- le tout avec une énergie indescriptible. Leur premier album, "Le temps de la réflexion", sort en 2002, et il est une véritable claque, un album novateur, redoutablement bien composé, et surtout osé, presque prétentieux. Sorte de néo-metal progressif, rencontre improbable de Frank Zappa et de Mike Patton autour d'un saladier de coke, "Le temps de la réflexion" saute à la gorge de l'auditeur, le plaque au sol et le dévore sans ménagement.

"L'Autruche", première moitié (écoutez la seconde ici), extrait de "Le temps de la réflexion".

"Trop cérébral", diront certains. "Trop n'importe quoi", affirmeront de nombreux autres. Beaucoup prennent d'ailleurs pour du simple délire leur musique pourtant sombre et profonde, à la folie âpre. Il y a une prise de position, un mouvement de conscience radical, derrière leurs oeuvres. Le deuxième album, "L'Ombre et la Proie" (2005), plus affiné au niveau musical, s'affirme également sur un plan plus politique voire philosophique : s'opposer aux dérives du système commercial ("Rock'n'Roll Assistance", mais également la chanson "L'Ombre et la Proie", son superbe dialogue central et son "fils de puuuuuute !" à la limite du jouissif), reprendre son pouvoir sur le monde ("Do It Yourself"), se rencontrer soi-même ("Cynique Amniotique") font partie des sujets abordés par le groupe dans une attitude qui pousse la réflexion assez loin pour ne pas rendre ridicule son côté vindicatif ou tomber dans le réac de seconde zone. Le chant parlé en français ne plait pas à tout le monde, et je suis de ceux qui n'ont jamais réellement aimé, mais la qualité de composition, la noirceur des ambiances et les doubles chants barrés ont quelque chose d'envoûtant, et Psykup tend ses rets, inexorablement, avec cet album qui parvient à se vendre à plus de 6000 exemplaires en un an.

"Love is Dead", qui introduit "L'ombre et la proie".

"We Love You All", sorti en 2008, enfonce définitivement le clou. Energie métallique brute, voire brutale ("Color Me Blood Red" et sa superbe double voix finale "Close your eyes and pray") ; plans plus posés, chantés/parlés/scandés ("En vivre libre ou mourir" à l'ambiance rugueuse) ; ambiances fumées ("Rétroaction" et ses passages "when Danny Elfman meets Mike Patton... and Jeffrey Dahmer", "My Toy, My Satan") ; résurgences funky ("Here come the waves", entre autres) : la musique est variée, toujours prenante mais jamais de la même façon, et Psykup nous en met "plein la gueule", si je puis me permettre, pendant une heure et demie, rien que ça. L'aspect néo-metal "à la française" peut déplaire ; les passages rappés peuvent faire décrocher les metalleux de la première heure ; au final, il y a tant de choses à entendre qu'un hater trouvera toujours une bonne raison de ne pas aimer Psykup.

"Birdy", deuxième des douze pistes de "We love you all".

Il pourra se rabattre sur les nombreux projets parallèles des membres de Psykup : le "néo-deathcore mélodique" (?) enragé de Manimal, le piano-screamo excellentissime de My Own Private Alaska, le rock expérimental de Simone Choule, le (post-)rock d'Agora Fidelio, le rock/grunge de Selam, le trio de reggae Nabass. Pour ceux qui accrocheront néanmoins à l'"autruche-core" de Psykup, en revanche, il y a un peu de lecture et de musique, en attendant une éventuelle reformation (le groupe ayant splitté suite au départ d'un de leurs chanteurs, MilKa, qui officie dans MOPA) :



MySpace officiel : http://www.myspace.com/psykup

Site officiel (pas mis à jour depuis quelque temps, hélas) : http://psykupreflexion.free.fr/

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