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samedi 25 juin 2011

TesseracT


Il était temps que j'en parle, de ceux-là ; car, au milieu de cette fameuse vague djent mort-née dont on a déjà beaucoup parlé par ici, TesseracT fait partie de ces rares groupes capables, d'une part d'intégrer cette influence à un style plus ouvert, et d'autre part à distiller par ce biais une émotion forte, prenante, inéluctable. Pour cela, le groupe anglais, d'abord projet solo expérimental dès 2003, devenu quintette en 2007, a tracé sa route quelque part entre l'autoroute djent et la jungle du metal progressif, bifurquant de temps en temps sur d'étranges déserts atmosphériques qui enrichissent encore leur univers très particulier.

Et en plus, ils ont l'air super sympas.

L'EP "Concealing Fate", sorti fin 2010, est suivi quelques mois après par le premier album "One", après la signature d'un contrat d'exclusivité chez Century Media, qui a déjà signé, entre autres, Arch Enemy, Opeth, Emperor ou encore In Flames, rien que ça. Ce qui m'avait déçu au début -- je l'avais évoqué dans ma chronique sur Stealing Axion, mais je suis revenu sur ma rancœur depuis -- c'est que "One" reprend l'intégralité de "Concealing Fate" (six morceaux conçus comme les six parties d'une même chanson, mode de construction soutenu par un riff récurrent totalement génial), le faisant précéder de deux nouveaux morceaux et suivre de trois autres.

"Deception", deuxième partie de "Concealing Fate". Le riff qui commence vers trois minutes vingt est le fameux "riff récurrent totalement génial" évoqué ci-dessus. Non inclus : mes frissons dès l'intro de la chanson.

Quand j'ai reçu "One", je connaissais déjà "Concealing Fate" par cœur, je l'avais écouté et réécouté, retourné dans tous les sens ; certaines parties de chant et/ou certains riffs me collaient encore inévitablement des frissons à chaque écoute (le début de "Deception", le passage mid-tempo entouré des deux fois dix secondes atmosphériques de "The Impossible"), d'autres me donnaient inévitablement envie de remuer la tête dans tous les sens (la très technique et quasi-Meshugghienne "Epiphany"), bref, je succombais totalement à cette énergie teintée de douceur qui m'a rappelé dès la première écoute le genre d'alchimie que de très rares groupes, Textures et Opeth en tête, parviennent à atteindre.

Autant dire qu'il m'a fallu un peu de temps, malgré leur qualité indiscutable, à intégrer les cinq nouveaux titres de "One" et à concevoir qu'ils puissent former avec l'œuvre en six actes "Concealing Fate" un tout cohérent. Et pourtant... Avant ladite œuvre, "Lament", dont l'introduction atmosphérique est du meilleur goût, enchaîne sur une ode djent/progressive aux parties de chant incroyables et "Nascent", vibrante et complexe, effectue une parfaite transition. Après elle, "Sunrise" enchaîne sur un mélange de mélodie et de crudité thrash qui, pour le compte, fait vraiment penser à Textures mais sans jamais tomber dans la copie conforme, "April" renoue en beauté avec un metal progressif de la meilleure facture, et "Eden" conclut sur une note de douceur, quelque part entre mélancolie et révélation mystique.

"Sunrise", une sorte de thrash progressif mélodique du meilleur cru.

La question qui me reste désormais, c'est : pourquoi choisir le nom d'une figure géométrique complexe, anguleuse, froide [NdR : un tesseract est l'équivalent d'un cube, mais dans un espace à quatre dimensions au lieu de trois], comme étiquette d'une musique, certes extrêmement technique, mais si chaleureuse et palpitante ?



Site officiel : http://www.tesseractband.co.uk/ (vous y trouverez les liens MySpace, Facebook, etc. du groupe)

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