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vendredi 8 avril 2011

Transmission0


Je l'ai déjà très clairement sous-entendu en plusieurs occasions, notamment à l'occasion des chroniques de Neurosis et d'Ira, deux superbes groupes de post-core qui ont bercé bon nombre de mes errances bucoliques, j'ai même rédigé un long laïus dithyrambique sur la beauté du désespoir et la distinction à faire entre tristesse et souffrance dans la Zeuhlerie consacrée à Shape of Despair, mais il y a des messages qui ont naturellement du mal à passer. Alors, encore une fois : on n'écoute pas forcément une musique "triste" parce qu'on est malheureux soi-même. On peut apprécier du postcore ou du doom uniquement parce que c'est beau. Et le prochain qui me traite de gothique, même pour rigoler, je lui décroche une mandale.

Moi, râleur ? Non, pas du tout.

Aujourd'hui, il fait un temps radieux sur les contrées rouennaises, je suis d'une humeur excellente, avec comme une envie de déplacer des montagnes, et Transmission0 m'accompagne. Certes, on pourrait croire que ce n'est pas vraiment du ton-sur-ton, mais... Du beau sur du beau, après tout...

Il ne manque plus grand-chose pour que mon plaisir soit total.

Transmission0 est un groupe de postcore qui a eu le temps de nous régaler de deux albums avant de disparaître, comme ça, sans crier gare, apparemment en automne 2007, alors qu'une tournée avec Knut était envisagée. Diantre. Il ne nous reste plus que deux petites heures de musique sur lesquelles nous rabattre, mais mon Dieu, quelles heures !

Animation amateur nommée "The Journey" mais sur la chanson "Serenity".

Le premier album, sobrement nommé "0" (sorti en 2004), est une petite bombe, râpeuse et torturée, nous baladant allègrement entre assauts de sombre guitare hardcore et mélodies vaporeuses ("Journey", qui introduit l'album ; "San Miguel", qui commence sur une rythmique core bien acide et enchaîne sur un 7/4 diffus sorti de nulle part ; l'enchaînement "Ether"/"Serenity" et ses mélodies de guitare douceâtres). On vogue de surprise en surprise (l'étrange interlude ambiant "**" ; la lenteur sludge de "U-Boot" ; le triplet instrumental qui conclut l'album), sans jamais se sentir semé, car "0" recèle malgré tout une cohérence émotionnelle prenante, soutenue par des parties de chant enivrantes (le très beau "Searching, don't get lost" sur "The Return" ; l'ensemble de "Dust Like Sand").

Clip officiel de "The Return".

Autant dire que, pour un coup d'essai, "0" est une grandiose réussite, variée et foutrement bien construite, un petit trésor qui peut en dérouter certains, mais qui parvient à insuffler quelque chose de nouveau dans un style postcore parfois trop fermé et codifié. Son successeur "Memory of a Dream", qui surgit deux ans plus tard, semble a contrario plus proche d'un postcore mélodique à la Isis ou Cult of Luna, ce qui, paradoxalement, constitue une véritable avancée dans l'esthétique du groupe. Là où les influences se répondaient, se querellaient presque, dans "0", elles sont ici entremêlées, fusionnées, au service d'une puissance émotionnelle décuplée. Comment le dire sans sombrer dans un éloge indigeste ? Je crois que je ne vais même pas le dire. Ecoutez "Condor", la deuxième chanson de l'album :


Quoi, vous en voulez une autre ? Sans problème : voici "Token", qui conclut "Memory of a Dream".


Voilà. La messe est dite. Et il y a de quoi être frustré que ce groupe ne soit pas resté actif le temps d'enregistrer un ou deux albums de plus.



MySpace : http://www.myspace.com/transmission0 (c'est triste, un MySpace en friche...)

Page du groupe sur le site de leur label Go-Kart Records :

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