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dimanche 22 mai 2011

Clotaire 1er


"Prendre des p'tits bouts de trucs et puis les assembler ensemble", comme qu'ils disent, les autres fêlés de Stupeflip. Cette menuiserie étrange peut donner toutes sortes de résultats, des plus incroyables (le jazz-metal d'Ephel Duath ou le baroquecore d'Igorrr) aux plus foireux (le techno/screamo pour adolescentes mongoloïdes d'Attack Attack, voire même le death-Cher-électro-mathcore grand-guignol de Design the Skyline) en passant par ceux dont on ne sait juste pas quoi penser (ce qui est généralement bon signe, quelque part entre la brutalité de la découverte et le pressentiment du coup de foudre). Alors, quand quelqu'un parvient à bidouiller des morceaux de machins et des copeaux de bidules et à en faire un tout cohérent, entraînant, bien branlé et qui sent la sueur, ce serait du gâchis que de passer à côté.
Clotaire 1er est un petit Rennais qui définit son style musical comme de l'électro drunkcore 64 bits. J'aurais sans doute parlé d'epic-melodic-brainfuck-breakcore à sa place : l'EP "Galactic Yoyoyo", sorti le 16 mai 2011 grâce au collectif parisien La Mangouste, est un collage étrange de samples dubstep (la bien nommée "Leçon de Choses"), guitare électrique et violons ("Ce kick est un leurre"), swing ("Fafafa"), samples vocaux bizarres (l'anniversaire maternel évoqué dans "Drunkcore addicted"), électro, jazz (la batterie de "Exit 64 bit music"), maintenus ensemble par une déferlante de beats breakcore/hardcore gras et vibrants.

"Leçon de Choses", qui ouvre l'EP. Une leçon de musique, en tout cas.

A la première écoute, difficile de ne pas se sentir submergé par cette avalanche de sons, de délires musicaux, de références iconoclastes (comme ce morceau d'Excision qui se fait remodeler dans "Exit 64 bit music", ou ce satané sample électro sur "Dundee Apocalypse Clash" sur lequel je n'arrive pas à remettre la main, nom de nom !). Le sentiment général lors de ma découverte de "Galactic Yoyoyo" m'a fait penser d'ailleurs aux découvertes de "Moustache" de Mr Oizo, "Moisissure" d'Igorrr, "Filth" de Venetian Snares, "Pain Necessary to Know" d'Ephel Duath, "Transmetropolitan" de War From A Harlot's Mouth, "Mabinogion" de Fast Forward, "Ire Works" de The Dillinger Escape Plan (et j'en omets quelques dizaines d'autres) : le son dense, radicalement original, provocateur, radical, laisse l'âme partagée entre une impression bizarre de se noyer et un ravissement plus profond. On sent que quelque chose en soi a été atteint, qu'une corde a vibré, que le Grand Archer est venu nous titiller la tripaille.

"Drunkcore Addicted". Tout est dit dans le titre : amis accros, bonsoir.

Alors on réécoute, on décortique un peu, on essaie de suivre, on cherche des influences, et puis en fait non c'est trop le fouillis, et avant même de s'en être rendu compte, non seulement on est irrémédiablement amoureux de cette oeuvre nouvelle, mais on la connaît déjà par cœur. Cet EP est dangereux, parce que ses dix-huit minutes sont denses comme deux heures mais passent terriblement vite ; et parce que cette orgie contre-nature de breakbeat et de swing, de hardcore néerlandais et de jazz, de dubstep et de bricolage, est une des plus belles insultes à la composition musicale qui aient jamais vu le jour dans l'Hexagone.

Le clip bizarroïde de la très rentre-dedans "Houlala".



2 commentaires:

Ju' Patate a dit…

Oh que ça fait du bien de découvrir des musiques comme ça!

Modern Zeuhl a dit…

Ouiiiiii, j'ai ressenti le même genre d'euphorie péri-orgasmique la semaine dernière, quand j'ai découvert !

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