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dimanche 28 août 2011

Live review : Festival des Arts Bourrins, jour 1


Pour ceux qui n'en ont pas entendu parler, c'est-à-dire, en gros, ceux qui se foutent totalement du metal et/ou qui n'habitent pas en Normandie, le Festival des Arts Bourrins est un rassemblement de deux jours se déroulant à La Neuville Chant d'Oisel, à quinze kilomètres de Rouen, toujours dans une ambiance des plus chaleureuses, réunissant quelques têtes d'affiche françaises réputées et une flopée de groupes moins connus, quasi-exclusivement locaux. Une exposition artistique a également lieu, que j'ai malheureusement ratée cette année -- l'an dernier, elle proposait entre autres les œuvres polémiques du Society Kaos Institut Kritik, et les superbes créatures d'os et de résine de Dyginst.



L'an dernier, les têtes d'affiche avaient été My Own Private Alaska, General Lee et Amenra ; autant dire que les dix euros de PAF n'étaient qu'une minuscule poussière. Cette année, quelques euros de plus sur le prix du billet (treize au lieu de dix), mais toujours avec un camping gratuit pour les festivaliers, des consos à un prix plus que raisonnable (trois euros la pinte de Hotteterre, deux euros le sandwich) et une prog très alléchante. Désolé pour le spoil, mais bon, voilà : les "grands groupes" de cette année étaient Klone (qui a remplacé Como Muertos, annulé), Gorod et Otargos. Ouais, rien que ça.


La soirée du vendredi commence avec Anahata, mix parfois maladroit de black et de metalcore avec quelques très agréables pointes de death lourd et poisseux à la Morbid Angel période "Gateways to Annihilation". Certains breaks mathcore sont un peu mal placés, et les rires stéréotypés black trou-yvôle et les mises en scène du chanteur frôlent occasionnellement le ridicule, mais on trouve quand même de très bons passages, du genre à donner envie de mosher, là, comme ça, à froid. Il y aura sans doute des choses à travailler, des arrangements à affiner, une personnalité à définir plus précisément, et on regrettera un certain manque de présence, sauf de la part du bassiste Antoine (qui a également posé sa voix sur la chanson "Chrysalis" du premier EP de Noein), totalement désaxé et fou-fou… et c'est bien ce qu'on aime chez des metalleux, non ? C'est vrai aussi que, comme Antoine lui-même l'a dit dans le week-end, "quand on a vu The Dillinger Escape Plan en concert, on trouve tous les groupes trop statiques".

Tu peux pas test.

17 Seconds Left prend la suite, dans un style "on n'a pas inventé la poudre, mais on a appris à l'utiliser". Malgré quelques imprécisions rythmiques, leur bon hardcore pas dégrossi (pourquoi faire ?) est de la toute première efficacité. Encore une fois, cette énergie musicale pourrait être mieux soutenue par l'attitude scénique des membres, mais on les pardonne eux aussi, car musicalement, même si on n'a pas vraiment d'innovation marquée, le groupe envoie bien.


Wouoh. OK, là, on passe au stade supérieur : Primal Age investit la scène, et ils nous en mettent plein la gueule. Les végétariens fous nous ramonent littéralement avec un hardcore raffiné, travaillé au millimètre près, et desservi sur scène par un chanteur à l'énergie incroyable, charismatique et engagé. Le "petit" quatuor d'Evreux a réussi à se faire une réputation excellente, et j'ai la preuve que ce n'est pas pour rien : même pour un non-coreux comme moi, il est quasiment impossible de rester de marbre devant une telle prestation. Pêchu, enragé mais jamais méchant, sérieux mais jamais prétentieux : le concert hardcore parfait.

The Primal Age effect.

L'enchaînement avec Otargos fait au final un peu bizarre derrière, bien que j'adore ce groupe : leur black provocateur, sombre et résolument athée est une des plus belles créations dans ce genre de musique (l'album "No God, No Satan" est une petite pépite). On passe à un show dans lequel la mise en scène est marquée : combinaisons trou-yvôle et rideau de fumée, corpsepaints et Newrock montantes, vertèbres et crânes qui ornent le pied du micro du chanteur, c'est un tout autre univers qui s'ouvre devant nous -- le sticker "Fuck you, hail Otargos" qui orne une guitare et le patch "I hope you die" sur le pantalon d'un autre membre du groupe nous le confirment. Cependant, rien de ridicule ici, tant le combo incarne précisément cet état d'esprit très nihiliste, par sa musique comme par son attitude. Le set est carré, terriblement efficace, sombre et énergique, et on se laisse inexorablement prendre au jeu du quatuor bordelais.


Deux excellents concerts d'un coup : c'est déjà bien fatigué (et passablement ivre) que je jette un œil très rapide à Tetchiot Krov. Drapeau rouge à étoile jaune en fond, deux membres du groupe avec un T-shirt CCCP, dont le chanteur, qui a orné son micro d'une faucille et tient un marteau dans l'autre main. Le ridicule ne tue pas -- à moins qu'il ne s'agisse d'un combo maccarthyste qui joue sur l'exagération communiste pour écœurer les gens et se faire de nouveaux adeptes ? Musicalement, du death pas dégueulasse, pas énormissime non plus ; mais, bien qu'étant du genre à ne pas juger trop vite une personne ou un groupe sur sa couleur politique, je suis tout simplement débecté par cette mise en scène tellement exagérée qu'elle en devient risible.


La fatigue et l'abus d'alcool me rendent sans doute moins objectif, moins professionnel également ; c'est donc entre deux pintes de blonde et deux éclats de rire avec Sylvestre, batteur de Noein, dont le sweat-shirt Mario est une petite merveille, que je jette un œil (qui dit merde à l'autre) à Demented, du black-death de bonne facture mais dans lequel je ne parviens pas à dénicher de véritable originalité, et à Last Breath Before The End, sorte de deathcore devant lequel je m'ennuie. Certes, tout le monde ne peut pas être The Amenta ou Ion Dissonance ; et, certes, je ne suis pas des plus objectifs, et contrairement à beaucoup d'autres, l'alcool me rend plus difficile musicalement. Je laisserai donc une chance à chacun de ces deux groupes, quand l'occasion se présentera de les revoir ; et une balance gérée différemment permettra peut-être de faire ressortir d'autres aspects de leur musique. Dans le doute, je ne jetterai aucune pierre. Globalement, cette première soirée me laisse quand même une impression plus que bonne -- cette impression d'avoir déjà rentabilisé le prix du billet en n'ayant pas encore vu la moitié des groupes est délicieuse.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Un live report clair et organisé. Cependant, je te trouve un poil sévère sur beaucoup de points. Bon, c'est sûr, je ne partage pas tes goûts en matière de styles musicaux. Et je me suis ennuyée devant des groupes que tu as apparemment apprécié, et vice versa.
Sur LBBTE par exemple (moi qui suis une fada de Deathcore), j'ai trouvé que le son était génial, le rythme soutenu et l'énergie au top. Bref, une fin de première soirée absolument géniale !
Au contraire, Otargos m'a beaucoup déçue au niveau de son, que j'ai trouvé inaudible, bien que le jeu de scène ne soit pas -pour une fois- surfait et ridicule, comme beaucoup de groupes de black metal.
Mais on en dira tant, il en faut pour tous les gouts !!
J'ai passé une excellente première soirée ! Et j'attends la suite de ton live report avec impatience !

Bien cordialement cher mélomane.

Mélanie.

Anonyme a dit…

Publier un live report en avouant être murgé ? Quel sérieux!
Personnellement, je trouve que les deux derniers groupes (Last Breath Before The End & Demented) ont envoyés sévère. Ils m'ont beaucoup plus laissés sur le cul que Primal Age.

Fred.

Modern Zeuhl a dit…

Bon, vous êtes deux à me reprocher d'être trop sévère avec LBBTE. J'ai quand même précisé que je manquais encore plus d'objectivité que d'habitude, pas vrai ? De toute façon, il est clair que l'on n'est jamais objectif : j'ai mes goûts, et ils ressortent. Et comme personne n'a les mêmes, il est normal que vous ayez pu aimer des groupes qui m'ont ennuyé et vice-versa.

Vu qu'il y avait là-dedans tout un tas de petits groupes locaux, je ne m'amuserai cependant pas à les démolir pour le plaisir. Je peux dire que j'ai aimé ou pas, mais je ne dirai jamais "ce groupe est à chier" en parlant de jeunes groupes qui prennent leur pied à faire ce qu'ils font. Je peux souvent dire, en revanche, "ce style ne me plaît pas" ou "ils pourraient faire des efforts sur ça et ça".

Je ne fais pas non plus le fastidieux effort de rajouter des AMHA dans chaque phrase, mais ils sont sous-entendus en permanence.

Et oui, j'étais fin cuit à la fin de cette soirée ! Une excellente soirée, d'ailleurs ^^ Tant que je ne vendrai pas mes piges à des magazines, je pourrai me permettre d'écrire plein de conneries dedans, et ça, ça me plaît !

Merci à tous les deux pour votre feedback. Remettez-vous bien du fest, et à bientôt au détour d'un concert !


Mathias

Anonyme a dit…

Un bon report dont je partage en grande partie les avis !

Nils Sbs

Anonyme a dit…

hou ,bien!!dommage que tu n'est pas pu apprécier Demented,ça avoie grave kan même,c peut être la murge comme tu dit!!en tout cas bon reporte!!vilain vilain...av Anahata,mais très objectif, ça pourra leurs être utile !!!car c le cas les bonnes critiques négatives !!lol des boujoux mon loulou!! jenni ;)

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