Suivez Modern Zeuhl

Modern Zeuhl est surtout sur Facebook.
Affichage des articles dont le libellé est jazz. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est jazz. Afficher tous les articles

lundi 25 juin 2012

Interview Ruby My Dear


Ca finira par se savoir : j'adore Ruby My Dear, tout simplement parce que sa façon inspirée et mélodique de faire du breakcore change de la violence déstructurée de beaucoup d'autres artistes dans le milieu. Sa musique regorge d'émotion et d'une grande beauté, que chaque écoute révèle un peu plus clairement.

Et "Karoshi", premier titre dévoilé du LP à venir, confirme largement ces propos.

Anticipant la sortie, le 29 juin, de son premier LP "Remains of Shapes to Come" sur mon label préféré Ad Noiseam (ça aussi, ça finira par se savoir), j'ai contacté le jeune homme derrière le projet pour qu'il réponde à mes questions. Résultat : une discussion franche et bon-enfant de deux bonnes heures, dont je ne vous laisse que le nectar. Au programme, l'évolution de Ruby My Dear, depuis les bidouilles de Doc Colibri jusqu'à la signature chez ADN (Igorrr, Whourkr, Wormskull, Mobthrow, Matta, Broken Note, Niveau Zero et plein d'autres), en passant par Peace Off (label de Rotator) ; mais aussi, en vrac : approche mélodique, références au jazz, décalage, rentre-dedans, second degré, question rituelle.



mardi 1 mai 2012

Trepalium


Trepalium, ou tripalium, n.m., du latin "tripalis" signifiant "qui a trois pieux/échalas". Instrument de torture, notamment utilisé par les Romains de l'Antiquité pour punir les esclaves rebelles, composé de trois pieux, l'un vertical planté dans le sol, les deux autres disposés en croix servant à garder écartés les membres liés de la victime afin de pouvoir la piquer, l'éviscérer ou la brûler. Racine du mot français "travail".

Ça met dans l'ambiance, pas vrai ?

Quand un groupe utilise ce nom, on se dit que ça ne va pas être particulièrement gai. Et pourtant, Trepalium, groupe français formé en 2001 aux alentours de Poitiers, est un combo qui s'est distingué par une approche très groovy du death-metal, sortant du carcan habituel "double pédale et blast en continu" que des groupes fondateurs comme Cannibal Corpse ou Morbid Angel ont toujours entretenu (ou auraient mieux fait de continuer à entretenir, mais c'est une autre histoire). Une énergie finalement très chaleureuse, parfois à l'encontre même de l'esprit de certaines chansons, comme la track "Usual Crap" dont les paroles, très sombres, contrastent avec l'aspect rythmé quasiment festif.

Et accessoirement, ils sont énormissimes sur scène.

mardi 28 février 2012

Live review : Papaye + Seal of Quality + John Makay + Lorendorf (25/02/2012, L'Oreille qui Traîne, Rouen)

Crédits photo : L'Oreille Qui Traine, sauf mention contraire.

Et dire que je n'ai pas encore parlé de l'Oreille qui Traîne en ces lieux. Incroyable. Une bande de bénévoles s'arrache l'oignon pour nous offrir des concerts de qualité, dans une ambiance conviviale, et à des prix défiant toute concurrence, et je n'en parle pas. Incroyable. Il faut dire aussi que j'ai raté un de leurs concerts du mois dernier, qui rassemblait The Birds End, Prön Flavürdik, Poisson Poney et Aussitôt Mort pour fêter la sortie du premier album des premiers, et que mes goûts musicaux m'attiraient beaucoup moins vers les autres concerts de la saison. Mais merde, quoi : il y a des initiatives qui méritent d'être mises en valeur.

 Y a même quelqu'un qui avait fait des super-bons flans aux légumes pour fêter ça.

dimanche 13 novembre 2011

Live review : Shining + Bass Drum Of Death (10/11/11, Le Point Ephémère, Paris)

Les photos live de cet article sont de Thomas "Follow The Way" Seropian.

Lorsque j'ai découvert "Blackjazz", à la fin de l'année 2010, j'ai rapidement compris que cet album allait m'accompagner pendant un bon bout de temps. Plus d'un an après, je l'écoute encore énormément avec une joie sans cesse renouvelée.

Comme souvent avec des musiques aussi audacieuses, l'épreuve du live est décisive. C'est avec une certaine excitation que je les avais vus le 25 octobre 2010 à La Maroquinerie. Dès les premières secondes,  cette furieuse explosion sonore avait provoqué chez moi un méchant cri de jouissance accompagné d'un puissant "Ces mecs-là ! Ils sont tellement bons !".

Et pour cause... ("Healter Skelter", ce soir-là.)

vendredi 4 novembre 2011

Live review : Bougrac, soir 1 (Deux Tiers de Sextet + Parade + Le Général Midi, 28/10/11, Emporium Galorium, Rouen)

Toutes les photographies de cet article sont de Josselin Passepont, que je remercie. Visitez donc son DeviantArt.

Bougrac. Drôle de nom pour un petit festival… D'autant plus que je l'aurai surtout vu orthographié "BOUGRRAAAAAAAAAAC !", ce qui n'arrange rien. C'est en fait le nom d'un studio indépendant de la rive gauche. L'Emporium Galorium leur a ouvert sa cave le week-end dernier, pour deux soirées de trois concerts chacune ; je n'ai pu hélas être présent qu'à la première, mon samedi étant occupé à, euh… des choses que la morale réprouve. On était nombreux, ça sentait fort, un peu comme dans un concert… sauf qu'on était en cravate-chaussettes, et que… bref. Je m'égare. Bougrac, donc. Trois concerts le vendredi soir, trois concerts le samedi. Je suis allé voir ceux du vendredi. Comme ça. Pour voir. 

samedi 29 octobre 2011

Ruby My Dear


"Notre vocation, c'est de découvrir, en chacune des personnes que nous rencontrons, la Beauté, qui parfois est cachée, mais il y a une Beauté. Et notre vocation, c'est de découvrir cette Beauté, et de la mettre en valeur, de la faire fleurir." Démarche finalement proche de celle de l'artiste, ou même de l'amateur d'art, qui fait fleurir en lui la beauté parfois difficile à appréhender d'une œuvre. Pour cette raison, ce sample entendu dans la track "Vocation" de Ruby My Dear est autant une invitation à donner un nouvel éclairage à nos existences qu'une parfaite introduction à cet article, car la musique de ce jeune artiste français cache des trésors d'émotion, voire de douceur, sous une frénésie de beats hachés qui rend cette douceur difficile d'accès.

jeudi 27 octobre 2011

Nicolas Jaar


La musique électronique telle qu’elle est connue dans notre société TF1nisée reposerait donc sur les épaules d’un certain David Guetta, joyeux luron frenchy qui se pavane d’île en île, distribuant "amour" et "gaieté" sur des rythmes sucrés aux clameurs affligeantes. J’ai envie de dire non, surtout pas. Ne pourrions-nous pas déguster un album d’éléctro confortablement installé, au calme, sans avoir une tête de surfeur décérébré nous implorant d’observer à quel point la demoiselle bouge son arrière-train de façon incroyable ? La musique électronique, la vraie, celle qui saisit et qui sublime, se cache souvent là où on l’attend le moins. Par exemple chez un jeune homme New-Yorkais d’origine chilienne de 21 ans qui distille sa musique évangélique sous couvert de basses pernicieuses et camouflées. Un petit génie. 

HUUUUURR DUUUUURR. (In French : "GNÉÉÉÉÉÉÉÉÉ FFFLBLBLBL.")

mercredi 12 octobre 2011

Silencio


Cinq ans d'existence, une étiquette très vague ("rock progressif avantgarde") et un seul album, sorti en 2004 : Silencio était un groupe américain dont on n'entend plus parler, une petite étincelle de passage, confidentielle, pour ne pas dire injustement méconnue. Car leur unique galette, "Dead Kings", déborde de cette folie impressioniste dont même les styles mathrock, fusion ou avantgarde manquent trop souvent.


jeudi 22 septembre 2011

Lingouf


Découvert au Noxious Art Festival. Pas aimé. Trop carré, trop grésillant pour-le-plaisir-du-hardcore-sale, pas dans l'ambiance, raté le flow. Mais comme un simple live ne veut pas dire grand-chose, j'ai laissé une chance à Lingouf, et après l'écoute de quelques gros sons pas déplaisants, je me suis lancé corps et âme dans l'écoute de son dernier opus "Doème", sorti en cet an de grâce 2011 sur l'excellent label industriel allemand Ant-Zen. Ce qui m'attendait dans cet album, c'était une énorme surprise, une richesse musicale que je n'aurais pas pu imaginer, des ambiances saisissantes, et une des découvertes les plus puissantes de mon année.

Danke schön !

jeudi 8 septembre 2011

Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär


Attendez, je vous le remets : Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär. Rien qu'au nom, on peut déjà se poser des questions, la plus sensée d'entre elles étant, à la tournure près, "Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?". Et puis, on se laisse tenter, alléché notamment par le fait que Gautier Serre, alias Igorrr, a rejoint récemment le projet et travaille avec eux sur le futur deuxième album, ou par la façon dont leur site les décrit comme un groupe de "zap core psychédélique", ou encore par les références à Mr Bungle et à Frank Zappa qui y traînent. Et, bien sûr, il y a au moins un mot dans le nom du groupe qui nous rappellera quelque chose... Quoi ? Tu connais pas ? C'est un groupe, ils étaient number one.

lundi 13 juin 2011

Dysfunctional


En un mot comme en cent, il y a en France un talent incroyable dans le metal. Dysfunctional est un groupe qui vient nous le prouver, encore une fois, comme s'il le fallait encore. Leur premier album "John Stone Lives" est sorti officiellement le premier juin, et c'est une merveille.

Merde, même la pochette est géniale.

jeudi 21 avril 2011

The Phantom Carriage


Film suédois sorti dans les salles le premier janvier 1921, "The Phantom Carriage", encore considéré par beaucoup de cinéphiles avertis comme un des chefs-d'oeuvre du cinéma de ce pays, est une de ces petites pépites romantiques et noires, sur fond de mythes et légendes, dont le cinéma noir et blanc nous a livré de superbes incarnations, douceâtres et poétiques comme l'Enfer de Dante, et que la tripaille crue à la Saw a depuis remplacé. Mais je n'en ai pas grand-chose à foutre, en fait.

Ouais, ça a l'air joli, mais on n'est pas sur un putain de site de ciné, ici, OK ?

jeudi 31 mars 2011

The Dillinger Escape Plan


Nous avons hérité des Beach Boys, des Beatles, de Pink Floyd, Jimi Hendrix, Led Zeppelin, Iron Maiden, Motörhead, Kiss, Metallica, Slayer, Mayhem, Death, Morbid Angel, Celtic Frost, Sepultura, Blind Guardian, Meshuggah, Emperor, Fear Factory, Cynic, Therion, Neurosis, Dimmu Borgir, Septic Flesh, Paradise Lost, In Flames, My Dying Bride, Opeth, Tool, Slipknot, Gojira, KoRn, Finntroll, Isis, Limp Bizkit, Cult of Luna (bien sûr, j'en oublie)... Mais qu'allons-nous laisser ? De quels groupes actuels se souviendra-t'on dans vingt ans ? Quels groupes de metal actuels sont réellement en train de marquer leur temps ?

lundi 14 février 2011

War From A Harlot's Mouth


Il paraîtrait qu'aujourd'hui se déroule une sorte de festivité hypocrite consistant, soit à dérouler devant le soi-disant élu de son coeur le tapis rouge de preuves d'amour élaborées et de marques d'attention fallacieuses, soit à pleurnicher idiotement sur son célibat en jalousant les roucoulades putassières des amoureux z'et -reuses transi(e)s qui se bavent dessus benoîtement derrière les vitrines des restaurants attrape-couillons.

Thank you.

samedi 29 janvier 2011

Flying Lotus


Cela fait déjà plusieurs fois que son nom d'artiste apparaît sur ces pages, aussi les lecteurs les plus attentifs doivent-ils se douter que j'affectionne tout particulièrement Flying Lotus. Ce petit génie de 27 ans a été accueilli au sein du glorieux label Warp Records (maison-mère d'Aphex Twin et Autechre notamment) il y a quelques années, et grand bien leur a pris : huit EPs et trois albums en à peine plus de quatre ans, et je rebondis sur l'actualité puisque son petit dernier "Cosmogramma" a été élu album de l'année lors des Worldwide Awards organisés par la prestigieuse et éclectique station anglaise Radio 1 (détenue par la BBC, elle est la deuxième station publique la plus écoutée en Angleterre, et on lui doit, en plus du mix d'Excision par lequel je vous recommandais d'aborder son oeuvre, les fameuses Peel Sessions qui ont accueilli des centaines d'artistes, de PJ Harvey à Joy Division en passant par... oh tiens, Aphex Twin et Autechre, mais également Carcass, Napalm Death, pour au final ne citer que des artistes parmi ceux qui en ont fait des albums vendus dans le commerce).

vendredi 7 janvier 2011

Shining


Il existe au moins trois Shining, dont deux en musique. Il y a le grandiose film de Stanley Kubrick, adapté du non moins excellent roman de Stephen King, thriller horrifique halluciné aux visions schizophréniques sorties d'un outre-monde à l'éloquence dérangeante. Il y a le groupe de black-metal suédois torturé, mené par un psychopathe clouté adepte de l'auto-mutilation sur scène, qui serait à lui seul un argument de poids pour les crétins théopathes qui hurlent au sacrilège et à la barbarie pour interdire au metal ses lieux de culte, du Wacken au Hellfest. Et puis il y a une étrange formation d'électro/blackjazz norvégienne à côté de laquelle Marilyn Manson ou Buckethead ressemblent à des enfants de choeur ou à des bouddhistes confirmés.

mercredi 24 novembre 2010

Ihsahn


Aaaaah, Emperor... Je me rappelle les longues soirées passées à disséquer chacun de leurs albums, avec un éclairage à la bougie (pour l'ambiance). En cette époque où je ne jurais que par le black-metal, ben oui, nous avons tous été des adolescents, après tout, mon oreille parvenait à trouver en de rares groupes des ambiances particulières, quelque part entre le rejet hystérique de toute organisation religieuse et le côté épique propre au black symphonique made in Norway. Emperor était de ceux-là, aux côtés de Dimmu Borgir et de Satyricon. Avec un peu de recul, je dois admettre que les derniers albums d'Emperor et de Satyricon sont d'une immense qualité, de par l'apport progressif sinon "progressiste" dont ils témoignent, tandis que Dimmu Borgir semble plus sombrer dans la caricature de lui-même : étant parvenu aux limites du style qu'il s'impose avec "Death Cult Armageddon", un album de black symphonique si poussé et si complet qu'il a bloqué toutes les issues, le groupe n'a réussi, à mon sens, avec son dernier album qu'à recycler maladroitement des miettes de leurs efforts précédents.

La question se pose : qu'est-ce que l'avenir du black-metal ?

vendredi 19 novembre 2010

Panzerballett


En leur temps, des groupes comme l'emblématique Magma ont osé la réconciliation improbable du rock psychédélique et du free-jazz, avec pour résultat certaines des musiques les plus envolées, enfumées et illuminées de l'histoire du bruit de l'Art. Le terme "Zeuhl" qui sert de demi-titre au présent blog n'est d'ailleurs pas là pour rien.

A l'heure actuelle, d'autres osent intégrer des éléments jazzy à des musiques plus électriques (c'est, parmi d'autres, le cas d'Ihsahn, dont le dernier album méritera très largement un article dans ces colonnes, ou d'Ephel Duath, qui a déjà eu droit à cet honneur de pacotille).

dimanche 14 novembre 2010

Ephel Duath


Aussi malheureux que ce soit, nous sommes tous, dans une certaine mesure, réticents au changement, à la nouveauté, à l'inédit. Confrontée à quelque chose de neuf, l'âme n'a plus ses repères et, ne sachant pas où s'accrocher, panique et rejette en bloc.

Déjà dérangée par l'omniprésence de ces soupes populacières radiophoniques vides de sens et de mélodie pour pisseux illettrés qui ne savent pas trop si Beethoven est une marque de chaussures de skate ou la capitale d'un pays balte, mon aspiration à l'éclectisme musical absolu est occasionnellement mise à sac par un petit bijou d'originalité et de refus du consensus artistico-bêtifiant.