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mardi 22 novembre 2011

Superscream


Il me semble plutôt normal que je parle beaucoup de groupes locaux, non ? Celui qui est l'objet de cette chronique va à la fois renouer avec cette tradition de mise en valeur de la création péri-rouennaise et renier mon désamour flagrant du metal progressif. Parce que Superscream, ce n'est pas un groupe de progressif comme les autres.

...car je ne m'amuserai pas à vous ennuyer avec n'importe quoi non plus.

jeudi 8 septembre 2011

Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär


Attendez, je vous le remets : Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär. Rien qu'au nom, on peut déjà se poser des questions, la plus sensée d'entre elles étant, à la tournure près, "Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?". Et puis, on se laisse tenter, alléché notamment par le fait que Gautier Serre, alias Igorrr, a rejoint récemment le projet et travaille avec eux sur le futur deuxième album, ou par la façon dont leur site les décrit comme un groupe de "zap core psychédélique", ou encore par les références à Mr Bungle et à Frank Zappa qui y traînent. Et, bien sûr, il y a au moins un mot dans le nom du groupe qui nous rappellera quelque chose... Quoi ? Tu connais pas ? C'est un groupe, ils étaient number one.

jeudi 1 septembre 2011

Interview Klone


Klone est indéniablement un des groupes les plus surprenants et excitants de la scène française. Juste après leur excellent concert au Festival des Arts Bourrins, au sujet duquel je n'ai eu d'autre choix que d'être à proprement parler dithyrambique, je me suis retrouvé backstage pour discuter avec deux des membres du groupe, Florent (batteur) et Guillaume (guitariste). Deux types adorables, modestes comme on n'en fera jamais assez, qui pardonneront la relative maladresse de cette interview improvisée avec une bonne humeur non feinte.


dimanche 28 août 2011

Live review : Festival des Arts Bourrins, jour 1


Pour ceux qui n'en ont pas entendu parler, c'est-à-dire, en gros, ceux qui se foutent totalement du metal et/ou qui n'habitent pas en Normandie, le Festival des Arts Bourrins est un rassemblement de deux jours se déroulant à La Neuville Chant d'Oisel, à quinze kilomètres de Rouen, toujours dans une ambiance des plus chaleureuses, réunissant quelques têtes d'affiche françaises réputées et une flopée de groupes moins connus, quasi-exclusivement locaux. Une exposition artistique a également lieu, que j'ai malheureusement ratée cette année -- l'an dernier, elle proposait entre autres les œuvres polémiques du Society Kaos Institut Kritik, et les superbes créatures d'os et de résine de Dyginst.

vendredi 26 août 2011

Wormskull


"You are invited to witness a shattering adventure in total fright." Cette phrase, qui sert d'introduction à la chanson "Do It!", est un résumé parfait de l'intention qu'annonce Wormskull avec son premier album "Sound of Hell". Là où d'autres aimeraient nous coller la trique, nous faire bouger la tête dans tous les sens, ou juste, sans prétention, nous faire passer un simple bon moment, le trio/quatuor veut nous faire chier dans nos frocs. Pour cela, ils ont décidé de tirer le mélange metal industriel/électro vers ses extrêmes, pour créer ce qu'ils appellent de l'anarcho-rasta-crunk-punkstep (j'ai moi-même rajouté les traits d'union pour votre commodité de lecture, vous devriez me remercier).

Sont-y pas mignons ?

jeudi 18 août 2011

Eggeh



Eggeh est l'alias, certes étrange, qu'a pris Igor Omodei, guitariste rythmique au sein de l'excellent Uneven Structure, pour... pour quoi, d'ailleurs ? Pour s'amuser, pour expérimenter, pour poser des p'tits bouts de son par-ci par-là, on ne sait pas trop, en fait. Beaucoup de chansons très courtes (une à deux minutes), quelques-une un peu plus longues et totalement impressionnantes. Difficile de décrire le monsieur sans rentrer dans le détail, à vrai dire...

La ressemblance est troublante.

jeudi 30 juin 2011

Live review : Sepultura + Zoe (26/06/11, Le 106, Rouen)


Vingt-sept ans de carrière déjà pour Sepultura, un des groupes emblématiques du metal, qui a eu l'audace de mélanger death-metal, thrash et musiques tribales. Arise (1991), dernier album avant le virage tribal du groupe, puis Roots (1996), sont deux albums au statut d'objets cultes, inventifs et techniquement irréprochables. Le départ de Max Cavalera, frontman et figure de proue du groupe (avec son frère Igor, batteur jusqu'en 2006), a laissé les fans de la première heure désemparés et amers ; Soulfly, formé par Max Cavalera dès son départ de Sepultura, n'a jamais véritablement atteint la qualité d'un "Roots", et le nouveau Sepultura a été dénigré par une grande partie du public metal, d'autant qu'il a débuté avec les albums "Against" (1998) et "Nation" (2001) qui sont tout sauf des chefs-d'œuvre. Pas facile pour le Sepultura du XXI° siècle de réussir à trouver sa place, violemment attaqué par les nostalgiques de l'ancien temps qui se sont empressé de cracher sur Derrick Green, le nouveau chanteur.

S'ils avaient été face à lui, ils n'auraient sans doute pas osé.

samedi 25 juin 2011

TesseracT


Il était temps que j'en parle, de ceux-là ; car, au milieu de cette fameuse vague djent mort-née dont on a déjà beaucoup parlé par ici, TesseracT fait partie de ces rares groupes capables, d'une part d'intégrer cette influence à un style plus ouvert, et d'autre part à distiller par ce biais une émotion forte, prenante, inéluctable. Pour cela, le groupe anglais, d'abord projet solo expérimental dès 2003, devenu quintette en 2007, a tracé sa route quelque part entre l'autoroute djent et la jungle du metal progressif, bifurquant de temps en temps sur d'étranges déserts atmosphériques qui enrichissent encore leur univers très particulier.

Et en plus, ils ont l'air super sympas.

lundi 6 juin 2011

Live review : Nasser + Orchester + M.I.L.K (03/06/11, Théâtre des Chalands, Val-de-Reuil)


Un théâtre peut-il être un lieu approprié d'une quelconque façon à un concert orienté électro-rock-metal-post-dub-trip-hop ? me demandè-je avec anxiété tandis que nous arrivons sur le lieu du show, quelque part dans la splendide ville de Val-de-Reuil, authentique bourgade toute de ferraille et de béton qui me semble aussi adaptée à l'évènement que ne l'était Notre-Dame-de-Gravenchon, superbe ville à l'économie pétrochimique florissante, à la venue de Gojira il y a quelques années.

mardi 5 avril 2011

Album en mousse : Homefront - Songs for the Resistance


Homefront est un jeu vidéo sorti très récemment sur XBox 360, PS3 et PC, qui a visiblement tenté de se creuser une place d'honneur dans la niche des amateurs de metal en ayant une bande originale pleine de guitares saturées. Il faut bien reconnaître qu'il y avait de quoi être appâté par la liste des groupes : The Dillinger Escape Plan, Periphery, Iwrestledabearonce, The Acacia Strain... Presque étonnant qu'un jeu qui se veut grand public joue dans cette cour : deathcore et djent sont d'habitude écartés des réalisations de ce genre, au profit souvent d'un néo-metalcore post-Disturbed pour adolescents attardés.

De toute façon, ils se ressemblent tous.

mardi 22 février 2011

Interview Igorrr


Le Roi Grr a daigné baisser les yeux sur ma modeste et larvesque personne, et a répondu avec classe et distinction au petit questionnaire que je lui ai fait parvenir, malgré son emploi du temps de ministre. (Ne me demandez pas à quel ministère il pourrait être affecté, je préfère ne pas imaginer.)

samedi 15 janvier 2011

Interview Floating Wood

Après m'être véritablement défoncé le crâne avec leur premier EP, j'ai fini par faire la connaissance des membres de Floating Wood, lesquels m'ont fait l'honneur d'accepter mon invitation virtuelle à une interview. Et voici que j'en ai trois en ligne en même temps... Ils m'accordent gentiment une heure et demie, de questions sérieuses en franche rigolade, avant de devoir me quitter (une histoire de train à prendre, ça doit être encore une métaphore vaseuse d'artiste, allez comprendre). Voici donc, dans une version simplifiée pour une simple raison de commodité de lecture, le contenu de cet entretien mémorable avec Anto (guitariste), Yann (batterie) et Jx (basse).

mercredi 5 janvier 2011

Naïve


Cocorico, épisode N : oui, la France fait de l'excellente musique. Des incontournables (Gojira, Mr Oizo) aux petits inconnus (The Algorithm, Floating Wood, Seal of Quality) en passant par les artistes signés mais relativement confidentiels (I Am Un Chien!!, Igorrr, My Own Private Alaska, Sulphuric Saliva, S.U.P), Modern Zeuhl fait au final, et sans volonté particulière de la part du rédacteur, la part belle aux groupes français. Il faut dire aussi, d'une part qu'il y a un nombre incalculable de talents cachés au pays des baguettes bien fraîches et des cuisses de grenouille, et d'autre part que le bouche-à-oreille et les rencontres "via" permettent plus facilement de découvrir les petits artistes locaux qu'internationaux (bien que des Myspace ou des Bandcamp permettent de contrebalancer un minimum cette tendance nationaliste ou nationalisante).

vendredi 17 décembre 2010

Floating Wood


Le postcore, je connais depuis pas mal de temps. J'ai déjà parlé ici d'Ira et de Neurosis dans le genre, je parlerai sans aucun doute d'Amenra et de Transmission0 dans les semaines à venir, et il restera encore des dizaines de groupes très talentueux. C'est un style pour lequel j'ai une immense affection, dans tous les sens du terme : cette façon de décrire la mélancolie avec des pointes de l'énergie crue et implacable du metal hardcore est une niche d'inspiration pour beaucoup de bons groupes. Je ne citerai pas de noms, mais même certains groupes de postcore dont la musique sur album ne présente pas grand intérêt livrent sur scène un condensé d'énergie glacée à couper le souffle.

mercredi 15 décembre 2010

Textures


Parfois, j'aimerais juste pouvoir m'asseoir avec certaines personnes, et leur expliquer ce que je trouve à ma musique. J'aimerais leur disséquer la finesse et l'émotion de la musique d'un Meshuggah, d'un Textures, d'un SUP, et de tellement d'autres. J'aimerais qu'ils réussissent à voir où se situe le point de jonction entre la personne douce que je suis et les musiques "violentes" que j'écoute. J'aimerais qu'ils ferment les yeux et au moins qu'ils essayent de se laisser emporter à leur tour par la folie d'un Venetian Snares ou la superbe noirceur d'un Shape of Despair, par la catharsis mélancolique d'un Neurosis ou d'un Ira, par la positivité inébranlable d'un Excision ou d'un Gojira.

dimanche 12 décembre 2010

Exivious


Le rock progressif n'est pas mort. Etonnant. Je pensais qu'il n'avait pas résisté à l'assaut des eighties, des batteries électroniques et du show-business.

vendredi 10 décembre 2010

Gojira


"Putain, qu'est-ce que ça déboîte !" Oui, bien sûr, je suis conscient que cette simple phrase ne constitue pas une chronique à part entière, et je m'attends à ce que vous me demandiez de développer quelque peu. Sachez que je vous trouve un peu durs, sur ce coup-là, mais je vais m'y attaquer.

Gojira est un groupe français, eh oui, encore un, né dans les Landes en 1996. Leurs débuts, sous le nom de Godzilla, est un son death-metal aux influences Metallica qui, le plus honnêtement du monde, ne casse pas trois pattes à un canard, mais semble prometteur. Le label Gabriel Editions ne s'y trompe pas, et le premier véritable album de... oh, attendez. Gabriel Editions est un label made in Goj', sur lequel sont sortis tous leurs albums, ainsi que l'unique album d'Empalot, projet parallèle plus bon-enfant du chanteur Joe Duplantier et de son frère Mario. Beh oui, c'est aussi la force de Gojira : c'est un projet "familial". Le groupe part des frères Duplantier, les deux dernières pochettes d'album sont de Mario, les clips sont réalisés par un Duplantier (Alain de son prénom, réalisateur et photographe, dont vous avez sans doute vu quelques publicités pour Citroën ou Carte Noire pour lesquelles il a été chef opérateur), l'actrice récurrente des clips est une Duplantier (Gabrielle, photographe, modèle photo et écrivaine "à ses heures perdues")...

Le premier album de Gojira, donc, "Terra Incognita", sorti en 2001, est un album qui entame à lui tout seul une mini-révolution, confirmée deux ans plus tard par son successeur direct "The Link" , car, en triturant les codes du genre, le groupe parvient à lui instiller une énergie d'une positivité, voire d'une spiritualité, inédite dans le genre (la rythmique hypnotique de "Blow Me Away You (Niverse)", l'ambiance posée par les backing vocals de "Embrace the World", etc.), tout en atténuant la noirceur du death-metal au profit de son côté pachydermique, dense et profondément irrésistible, presque tribal ("Love", "Indians", et presque toutes les autres).

Le clip de "Love", tirée de l'album "The Link".

Les paroles elles-mêmes sont bien plus proches d'écrits mystiques que des histoires de tripaille chères à la plupart des groupes de death-metal -- Cannibal Corpse et Yattering en tête. Introspection, rapport à l'individu et au soi, respect de la mère Nature, circulation des énergies vitales, compréhension et acceptation de la mort... Loin de hurler bêtement des paroles écrites à la va-vite ou de s'enrager basiquement derrière un micro, Joe Duplantier nous parle de l'esprit et de ses circonvolutions, de l'Âme et de la liberté totale, de notre place sur Terre et dans l'Univers -- et cet aspect fondamental de Gojira, cette spiritualité sous-jacente, est en filigrane dans l'ensemble de leur musique. Elle explose même dans certains passages qui nous subtilisent par surprise et nous portent au-dessus de nos errances humaines (la fin de "Inward Movement", par exemple).

Le troisième album, et avant-dernier en date, "From Mars to Sirius", pousse encore plus loin cette mystique musicale. Là où les deux premiers se posaient encore des questions et souffraient encore d'en chercher les réponses ("Against our will, wisdom comes"), celui-ci s'ouvre sur une nouvelle dimension de l'Humain, où les questions n'ont plus lieu d'être, où l'Homme revient à sa force fondamentale ("Backbone", "The Heaviest Matter of the Universe"). La puissance évocatrice de la musique seule est un souffle d'air frais, chassant les idées noires et les sous-produits de notre marasme intellectuel ; un vent de libération balaie ce pessimisme au ras des pâquerettes, au sujet duquel notre esprit nous souffle fallacieusement qu'il est un réalisme appuyé, pour nous montrer une autre voie, un autre regard sur le monde et sur nous-mêmes.

Le clip de "To Sirius", tirée bien sûr de l'album "From Mars to Sirius"

Après une telle déferlante de lumière, il était dur de s'attendre à une véritable et intégrale réussite pour leur album suivant. "The Way of All Flesh", longuement attendu (en Europe, mais aussi aux Etats-Unis où les albums de Gojira étaient enfin distribués), est venu pour prouver, s'il en était encore besoin, l'incroyable inspiration et l'inhabituelle capacité de renouveau du groupe. La musique est plus sombre, plus ambiguë ; l'âme est tiraillée entre la lumière cristalline que la Foi lui apporte, qui était le centre même de "From Mars to Sirius", et les ténèbres opaques de l'impermanence et de la Mort. Les compositions sont au coeur du conflit, ballottées au gré de la tempête ("All the Tears" et son superbe vidéo-clip), quelque part entre l'angoisse fondamentale d'être mortel ("Vacuity") et la croyance inébranlable en une éternité et une force implacable de l'âme ("Esoteric Surgery").

Le clip de "Vacuity", sur "The Way of All Flesh". Le ton change, en effet...

Les amoureux inconsolables de l'énergie très tribale des débuts sont encore plus attristés par cet album que par le précédent ; les autres suivent de bon coeur cette nouvelle étape du voyage, chargée de sombre évolution, vibrante, durement ésotérique, rencontre du yin et du yang, de la désespérance et de la foi, écho condensé et intensifié de nos frustrations et de nos rêves.



MySpace officiel : http://fr.myspace.com/gojira


Site des labels Mon Slip et Mon Pauvre Ami : http://alaniche.fr/

lundi 6 décembre 2010

S.U.P


Il paraîtrait qu'on reconnaît certaines manifestations du génie artistique dans le fait que les oeuvres créées par ce genre de génie étincelant ne peuvent qu'être adorées ou détestées. Je ne crois généralement pas à ces phrases toutes faites, d'autant que des oeuvres d'une pauvreté littéraire/picturale incomparable, telles que les romans lacrymo-anxiogènes pour vieilles mortes d'ennui d'une Mary Higgins Clark ou les barbouillis précambriens d'un Adolf Hitler, entrent dans la catégorie désignée par ce poncif. (Loin de moi, ceci étant dit, l'idée de pousser plus loin la comparaison entre la plus prolifique pondeuse de thrillers barbituriques du monde et le peintre raté ayant prouvé plus tard son talent compensatoire de serial-killer psycho-aryaniste.)

dimanche 5 décembre 2010

Interview The Algorithm


Mon premier article était consacré à The Algorithm, un mélange détonnant de styles de tous les bords et de tous les horizons (metal, techno, dubstep, hip-hop, pop...) produit, avec un talent plus que certain, par un jeune Sudiste nommé Rémi Gallégo. Voulant en savoir plus, et largement incité par mon colocataire que je remercie, je lui ai proposé une petite interview... et le pire, c'est qu'il a accepté.



jeudi 25 novembre 2010

Ebony Lake


Avantgarde metal... J'ai déjà utilisé ce terme hier dans ma chronique concernant Ihsahn. En outre, Ephel Duath et, dans une certaine mesure, My Own Private Alaska, sont à ranger dans cette catégorie. Qu'est-ce que l'avantgarde metal ? Il s'agit en fait d'une sorte de terme générique regroupant grosso modo tout ce qui refuse de se cantonner à un genre particulier, et donc tous les groupes ou artistes qui décident de débrider leur créativité : usage d'arrangements et d'harmonies inhabituels, structures rythmiques étranges, instruments "rares" dans le style metal, hybridation de styles extérieurs (musique contemporaine, free-jazz, et j'en passe)...